La Plume de Giacometti

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Le lendemain arriva très vite sous une brume épaisse. En fouillant la maison, France trouva quatre sous cachés sous un pot dans la pièce des parents et les apporta sur la table. Adam, Alissa, Andréa et Alexandre se réunirent autour de leur sœur aînée, les yeux rivés sur les pièces.

« C’est à nous ! Dit Andréa en faisant un mouvement pour s’en emparer.

- Pourquoi vous spécialement ? Protesta Adam, repoussant sa main avec irritation. C’est à nous tous, pas vrai, France ? »

L’aînée réfléchissait.

« Un sou pour Abby, et un autre pour Ann, murmura-t-elle. Tu entends, Andréa ? Pour Ann !

- Oui ! Oui ! J’entends ! Répliqua Andréa.

- Tu as compris, Alexandre ?

- Oui… Pour Ann, j’ai compris.

- Et les deux autres alors ? Interrogea Andréa. On partage entre les deux groupes, c’est logique. Allez donne l’autre sou !

- Mais nous sommes trois et vous deux ! Objecta Adam, offusqué.

France observait les deux pièces restantes. Elle pensait que… Oui, c’était le mieux. Elle les poussa vers Alexandre et Andréa.

« Vous les gardez. Vous en aurez plus besoin que nous. »

Et comme les deux enfants la contemplaient avec stupéfaction, elle ajouta tranquillement :

« Vous pourrez au moins vivre quelques jours sans prendre de risques. Adam, Alissa, vous n’avez rien à dire ? »

Ces derniers secouèrent la tête, se gardant bien de désapprouver la décision de leur aînée. Alors France se leva :

« Bien. Préparons nos couvertures. »

Donnant l’exemple, elle partit rouler la sienne et celle d’Abby. Silencieux, Andréa et Alexandre la suivirent des yeux en se mordant nerveusement les lèvres, visiblement déconcertés par la soudaine générosité de leur sœur.

Quand ils eurent attaché les couvertures autour d’eux, France, Adam et Alissa revinrent vers la table. L’aînée prit le sou, le glissa dans sa sacoche puis souleva Abby et la calla contre sa poitrine. D’un geste affectueux, elle chatouilla Ann qui se mit à rire en se tortillant sur la chaise.

Le cœur serré, crispée, alors qu’Adam et Alissa s’éloignaient vers le couloir après avoir embrassé leur frère et leurs sœurs, elle se tourna vers Alexandre et Andréa. Tous deux baissaient la tête, sans oser l’affronter.

« Nous partons, dit France dont les yeux trahissaient une sympathie surprenante. Au revoir, Alexandre. »

Elle empoigna son épaule d’une main ferme :

« Tu es l’homme de la maison tant que le père ne sera pas rentré. Veille sur tes deux sœurs et ne baisse jamais les bras, quoiqu’il puisse arriver.

- Je te le promets, répondit l’enfant avec fierté. Au revoir, France. »

L’aînée inclina la tête avec satisfaction et dévisagea Andréa, oscillant entre la pitié et le mépris au point d’hésiter à la saluer. Brusquement celle-ci braqua sur elle un regard plein de défi :

« Ce n’est pas parce que tu nous as donné les deux sous que j’ai changé d’avis ! Je suis contente que tu t’en ailles, je ne t’aime pas.

- Je sais, murmura France avec gravité. Adieu Andréa. »

Elle se détourna et, tout en serrant très fort le corps frêle d’Abby, allait rejoindre Adam et Alissa lorsque tout à coup la voix enrouée de la fillette hargneuse l’interpela :

« France… »

L’aînée interrompit son mouvement et lui jeta un coup d’œil interrogateur. Andréa avait une drôle d’expression sur le visage, comme si elle allait pleurer :

« Je dois être idiote… » Marmonna-t-elle.

Elle posa un rapide baiser sur sa joue avant de partir en courant dans la pièce d’à côté, la laissant sans réaction, médusée.

France soupira tristement, renonçant à comprendre, et après un dernier regard affectueux à Ann et Alexandre, marcha vers Adam et Alissa qui, main dans la main, l’attendaient en silence au pas de la porte.

« En route ! » Leur dit-elle.

 

 

 


Lun 23 nov 2009 14 commentaires
bonjour Plume je viendrai lire la suite demain ... captivant on aurait pas envie de cliquer ... sur là et là oui mais sur la croix en haut à droite non .... bisou
fab - le 23/11/2009 à 09h25
oh c'est dommage qu'ils ne partent pas tous ensembles

bisous pluvieux et tempétueux

JCP (pub)
corinne - le 23/11/2009 à 09h27
C'est toujours beau a lire ,on attends la suite avec impatience .On voit qu'Andréa n'est pas si tranquille que ça de rester avec son frère et sa soeur et ce revirement du baiser était innatendu .Bonne journée Bises
lianne - le 23/11/2009 à 09h34
Ah! La famille !!!
Plume

Bisous
@ + Pat
biker06 - le 23/11/2009 à 09h55
J'admire cet enfant !!! Si jeune et déjà mature !!!

Bonne journée avec bises;
patriarch - le 23/11/2009 à 10h26
On ne sait jamais à quoi s'attendre de ceux qui disent qu'ils ne nous aiment pas.

J'attendrai la suite avec impatience.

Passe une belle journée, Plume. J'aime beaucoup France.
Quichottine - le 23/11/2009 à 11h05
C'est une enfant très attachante et très intelligence... comme j'en rencontre beaucoup.
Plume
Un petit coucou en passant lire tes textes. J'aime beaucoup tes histoires !!! Bisous Plume
Adélys Peppercorn - le 23/11/2009 à 11h41
J'ai lu les treize épisodes et cela m'a plu.

Bonne fin d'après-midi.
Amalys Francine - le 23/11/2009 à 15h10
Coucou Plume
Oui en roure France...
J'attends la suite
Merci pour ta réponse au sujet de Publibook
Bises du lundi
Béa kimcat
beakimcat - le 23/11/2009 à 17h37
y apas de quoi !
Plume
Quand arrive la fin de l'article je suis toujours déçu que ça finisse, j'attends la suite avec impatience. Bonsoir.
Solange - le 23/11/2009 à 21h00