La Plume de Giacometti
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Elle pressa le lys contre sa poitrine, le cœur battant à tout rompre … Elle n’avait jamais pu. Jamais. Même pour faire plaisir à Alicia. Elle était tellement vivante en elle. Sa voix douce murmurant toujours à ses oreilles les mots qui calment les peurs et font rêver … Et la berceuse russe l’enveloppait encore de ce sommeil sans cauchemars ! Alors venir sur une tombe… Non. Impensable. Elle était si vivante dans son cœur ! Et puis elle avait lu la lettre. Réalisant soudain que c’était vrai. Que vraiment elle était partie. Sans elle. Sans la jolie enfant brune qu’elle serrait si fort contre son cœur sous les étoiles, là-bas, près de cette petite maison, la dernière du village ... L’enfant aux grands yeux noirs levés, pensivement, vers une lune bien ronde où souriait toujours une princesse morte d’avoir trop aimé. Cette enfant aux longues boucles d’ébène attachées avec le ruban rouge qui s’assoupissait alors contre son visage pour ne pas voir les larmes qui noyaient son regard. Cette enfant qu’elle n’avait pas oubliée. Jamais oubliée.
Elle avait ressenti alors ce besoin intense de venir lui parler … Elle ne savait pas trop ce qu’elle lui dirait. Peut-être rien. S’agenouiller juste, rester là. Essayer encore de sentir sur ses cheveux la tendresse de ses caresses. Ou de l’entendre lui chuchoter le chant de ses ancêtres ukrainiens. Perdu au fond de sa mémoire. Peut-être beaucoup. Toute cette vie gâchée, brisée. Incompréhensiblement, inutilement. Elle aussi avait cessé de vivre il y avait treize ans. Peut-être juste un mot. Qu’elle ne l’avait pas oubliée, elle non plus, et qu’elle ne l’oublierai jamais. Mama Ella, maman… Des larmes voilèrent sa vue. D’un mouvement rageur, elle essuya ses yeux, respira profondément …
Elle poussa la grille. Qui s’ouvrit lentement en grinçant sur ses gonds. Elle en éprouva une grande satisfaction. C’était la bonne heure.
« Je suis de retour, mama Ella … »
Etrangement calme et sereine, elle posa doucement le lys sur la pierre rose, alors que la pluie, fine et froide, se mettait imperceptiblement à tomber et à mouiller les tombes fleuries... La plupart à outrance. Mais c’était sans doute une façon comme une autre de se faire pardonner son indifférence aux vivants.
« Attends-moi … »
Un sourire fugitif éclaira le brun rêveur de son regard. Sa main s’attarda un instant sur la plaque dorée où son prénom avait été gravé …
Le printemps des poètes arrive.
A vos plumes, amies et amis!
Concours de poésie "de la baie à la hague" :là
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Bisous
Je vais le lire avec plaisir.
Bisous, Flo
Je te souhaite une bonne semaine.
Ton écriture est très belle et nous met bien en contexte avec les personnages, bravo.
Bon lundi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.
Je revenu a mon blog pour presenter les traditions de mon pays...
Pâques selon le rite Orthodoxe
Bonne soirée
Santounette
Bonne soirée.