Lundi 29 octobre 2007
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Alicia marchait d’un bon pas le long du canal aux eaux verdâtres tendis que le soleil descendait sur le toit des maisons. Son
long manteau rouge qu’elle avait laissé ouvert au vent léger de cette journée ensoleillée en suivait lentement la vive cadence … Elle se hâtait vers la bibliothèque où elle avait laissé Daniel
une heure plus tôt. Elle lui avait promis qu’elle ne s’attarderait pas … Mais elle n’avait pas choisi le bon moment pour faire le tour des librairies du centre ville à la recherche de ce livre
sur la culture et l’histoire juive que lui avait commandé Sarah Geschkalaï. Alicia était songeuse : depuis qu’elle s’était mise en tête de leur raconter l’enfance et l’adolescence d’Elaura,
cette même enfance et cette même adolescence qu’elles avaient partagées, là-bas, à Berlin, Sarah reprenait le goût de connaître et enfin d’affronter l’histoire de ses ancêtres. Avec cette même
soif que Théa et elle, elle replongeait dans son passé, ce passé douloureux qu’elle avait enfoui au plus profond de sa mémoire, et volontairement oublié. Elle éprouvait soudain le besoin de
comprendre, de partager avec son fils qui portait, elle le réalisait soudain, le prénom de ce père inconnu, déporté comme tant d’autres dans ces camps d’où il ne devait plus revenir, tout ce qui
avait construit sa vie sans qu’elle ne s’en rende réellement compte. Seule Elaura lui avait rappelé en lui montrant les étoiles ces soirs d’hiver qu’elle était la fille d’innocents martyrs de
l’histoire, seule Elaura avait su lui montrer qu’elle devait en être fière, seule Elaura savait autrefois lui dire que ce n’était pas de sa faute … Elle s’était tue trop longtemps, elle
retrouvait toute cette ardeur à faire de son histoire une vérité qu’il ne faudrait plus oublier, que son fils pourrait transmettre sans honte. Alicia sourit, les yeux embués, et passa doucement
la mèche rebelle de ses longs cheveux d’ébène derrière le lobe parfait de son oreille. Elle éprouvait soudain une affection particulière pour cette femme qui lui avait servi de mère… Enfin, elle
pouvait la regarder sans lui en vouloir de lui avoir caché ses véritables origines. Sarah Rosen, épouse Geschkalaï, s’était plus mentie à elle-même qu’elle n’avait menti à sa fille adoptive. Même
Théa était étonnée de ce qui se passait, s’abreuvant de cette douloureuse histoire dont les maîtres de l’Organisation étaient complices et en partie responsables. Elevée dans la haine, mais
désireuse d’essayer de faire confiance, elle découvrait son appartenance à une famille, brisée certes, mais une famille. Malgré sa défiance, malgré son refus et sa ténacité à refouler ses
sentiments, elle observait avec étonnement les changements qui se produisaient autour d’elle. Il y avait chez les Geschkalaï une envie subite d’ouvrir les portes du passé …
Alicia, plongée dans ses pensées, ne vit pas tout de suite l’ombre menaçante qui l’enveloppa. Quand elle s’en rendit compte,
il était trop tard. Elle était violemment plaquée contre le mur. Une main étouffa son cri de surprise et de frayeur, tendis que le canon du revolver se braquait sur sa tempe. Elle ouvrit de
grands yeux horrifiés sur le visage marqué de l’homme en noir, tenta de se dégager. Il resserra sa prise, tendis qu’un rictus de mépris découvrait ses dents jaunies :
« Donne-moi la clef ! »
Par Plume
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J'attends avec impatence la suite de cette histoire, qui est fort bien mené par la légéreté de ta plume. Une note de gaité s'en dégage et je pense que la fin n'en sera que plus heureuse.
poètiquement
Aurore
Juste un p'tit coucou en passant.
Bon mardi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.
coucou plume, excellent, j'attends la suite...
Je lis en ce moment "un secret" de Philippe Grimbert (après avoir vu le film qui m'a bien plu)
biz
béa
Bisous
aujourd'hui il pleut, je vais donc emmener ma petite fille au cinéma
amitiés Mamy ANNICK
Bon lundi et bisous de ta p'tite cousine du Québec.