Samedi 6 octobre 2007
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Il ne comprit pas de suite ce qui se passait. Il se retrouva le visage contre les dalles froides, la lame d’un couteau sur la gorge. Il tenta de se dégager, surpris… mais la prise
était parfaite, implacable. Il ne pouvait rien faire, si ce n’est subir la pression violente des bras et des jambes qui le bloquaient à terre.
« J’ignore qui tu es ! Lui murmura une voix rauque dans l’oreille. Mais tu as eu tort de t’en prendre aux miens … On ne touche pas à ma sœur, ni à mes amis !
-
Thétra ! »
Il réussit à tourner légèrement la tête … La lame s’enfonça légèrement dans la peau de sa gorge. Il grimaça mais une sorte de sourire confiant apparut au coin de ses
lèvres :
« Théa Strauss ! »
Elle haussa légèrement les sourcils et pencha la tête, découvrant la vilaine cicatrice brune sur son front :
« Tu n’as pas rien perdu de ton agilité, Thétra ! » dit-il, renonçant à essayer de se dégager.
Il mélangeait français et allemand avec difficulté.
« Je voulais en être sûr. Tu es toujours la même, c’est parfait !
- Je vois que tu
me connais.
- Oui, je te
connais bien !
- Moi, je ne te
connais pas ! répliqua-t-elle froidement, les yeux étincelants. Tu t’en es pris à une personne qui compte beaucoup pour moi, par deux fois… ça fait deux fois de trop ! Tu risques bien
de le regretter ! Si tu me connais aussi bien que tu le dis, tu dois savoir que je n’ai pas pour habitude de parler pour rien …
- Nous sommes du
même monde ! »
La lame s’enfonça un peu plus. Il grimaça à nouveau. Des sueurs froides perlèrent à son front :
« Je ne suis pas de ton monde ! Tu sors de notre vie, tu ne t’approches plus de ma sœur, ni de personne ici, tu disparais … Ai-je été assez claire ?
- Tu ne dois pas
oublier qui tu es, Théa Strauss ! »
Théa relâcha sa prise, se redressa et le regarda se relever à son tour, péniblement. Ramassée sur elle-même, tout le corps tremblant de cette formidable colère qui la tenaillait,
crispant ses doigts sur le manche du couteau, elle le fixait, le souffle court, les paupières à demi fermées, les yeux luisants terriblement dessous ses longs cils noirs. Il réajusta sa
casquette, malgré lui impressionné par l’air sauvage qui se dégageait de toute sa personne :
« Je sais qui je suis ! Siffla-t-elle entre ses dents.
- Tu en es
sûre ?
- Va-t-en !
Et ne t’approche plus des miens ! »
Il eut un sourire bizarre, grogna quelque chose en allemand et repartit en courant, non sans lui avoir jeté un dernier regard lourd de signification …