Dimanche 7 octobre 2007
7
07
/10
/Oct
/2007
13:27
Le cœur de Daniel battait à grand coup dans sa poitrine. Il vit le cadre. Il imagina lui aussi la belle Elaura … Sans doute qu’elle était aussi belle que cette
jeune fille qu’il avait sous les yeux à cet instant. Il saisit alors son expression :
« Tu es triste, Alicia ? »
Elle sursauta violemment. Dans le même mouvement, ses beaux yeux, immenses et brillants, se levèrent vers lui. Elle sourit :
« Non … pas vraiment. Je m’interroge … »
Il hocha la tête bravement, comme s’il comprenait, et s’approcha :
« Elle est belle, Elaura …
- Oui
… »
Tous deux contemplèrent un moment le portrait que tenait Alicia. Le premier Daniel rompit le silence qui s’était installé entre eux. Il regarda Alicia avec
comme une sorte de vague inquiétude au fond de sa prunelle bleue :
« Tu es belle, toi aussi, Alicia ! »
Elle sourit à nouveau, émue :
« Merci, Daniel !
- Tu ressembles
beaucoup à Elaura …
-
Oui !
- C’est normal,
n’est ce pas ? Répartit Daniel d’une voix étranglée. C’est ta vraie maman ! »
Il avait subitement des larmes pleins les yeux. Alicia, d’abord surprise par le ton douloureux de sa voix, sentit son cœur lui manquer face aux sanglots qui
secouaient la poitrine du jeune garçon blond.
« Daniel …
- Et moi ?
Balbutia-t-il, l’air infiniment malheureux. Si maman n’est plus ta maman, si papa n’est pas ton papa … moi, je ne suis plus ton petit frère ? C’est que Théa ta sœur ? Je ne suis plus
ton frère, hein ? »
La colère aussi subitement remplaçait dans ses beaux yeux bleus le désespoir qui avait noyé ses paroles de larmes. Bouleversée, Alicia posa une main sur son
épaule :
« Daniel …
- Tu ne vas plus
m’aimer ! Cria-t-il en se dégageant d’un coup sec. Tu n’aimes que Théa ! Même papa et maman, tu ne vas plus les aimer … Tu vas partir à Berlin retrouver ta vraie famille ! Tu ne
vas plus revenir, hein ? Tu vas nous laisser ! Tu vas m’oublier ! Je ne compte plus, moi ! Pourtant… »
Il arrêta un instant, suffoqué. Il tremblait. Alicia voulut lui attraper la main, réalisant soudain toute l’angoisse de ce petit garçon qui n’avait jusqu’à
présent abordé le sujet avec personne, acceptant la situation facilement, trop facilement d’ailleurs. Mais il s’échappa. Ses larmes débordèrent, à la fois douloureuses et furieuses, tendis qu’il
attachait son tendre regard au sien :
« Pourtant, je t’aime, moi ! Et je ne veux pas que tu partes ! Je veux que tu restes ma sœur ! Je veux que maman soit toujours ta
maman et papa toujours ton papa ! »
Avant qu’Alicia n’ait pu faire un mouvement, il pivota sur ses talons, passa en courant devant Théa qui venait de rentrer
dans la pièce sans lui jeter un seul regard et se précipita dans sa chambre au fond du couloir dont il claqua la porte avec une détresse qui n’échappa ni à Alicia, clouée sur place par l’angoisse,
ni à Théa, surprise par sa réaction. Elles se regardèrent …