La Plume de Giacometti


DSCN3528-1J’aime écrire. J’ai dû tenir une plume avant de tenir debout. Des textes, des poésies, des nouvelles, un journal. J’écris comme je respire: pour vivre. Ma complicité avec ma plume ne cesse de me surprendre moi-même : elle a toujours quelque chose à poser sur la page blanche et je la suis. C’est ainsi qu’est née la trilogie "Les petites filles de décembre", un roman plein d’émotions, une merveilleuse histoire d’amitié qui tourne autour d’un lourd secret de famille, un suspens qui tient en haleine... et qu'ont suivi les poésies où je me laisse aller aux confidences...

Ce que j'aime encore ? Photographier ce qui m'entoure. Toujours armée de mon Canon ou mon Fuji, j'aime me promener autour de la ferme et prendre l'image qui flashe mon regard: mes enfants, une fleur, un paysage, un animal... Mon appareil photo, je l'embarque partout où je vais, même au travail. Je suis capable de m'arrêter en bord de route quand je voyage parce que j'ai vu LA photo. Vous savez ? Celle qu'il faut absolument prendre. Au risque de se faire emboutir par la voiture qui suit ou se faire écraser par la voiture qui arrive !
Et oui. Autant j'ai mon carnet de note et mon crayon dans mon sac à main, le besoin d'écrire peut prendre n'importe quand, n'importe où, autant je trimbale mon matériel photo (boitier et objectifs) dans un sac à dos que je tiens à portée. Parce que, idem, le plaisir de figer le moment peut prendre n'importe quand, n'importe où. Alors je me tiens prête ...


“Je parle avec ma main, tu écoutes avec tes yeux et nous nous comprenons, n'est ce pas, en un seul sourire.”
 

(Shi Tao)
     
       
  L'amie plume 

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Samedi 17 avril 2010 6 17 /04 /Avr /2010 09:39

La môme, l’ombre du doute,

C’est un leurre qui fait mal,

Elle te mène sur une route

Qui ne va nulle part.

Juste loin de tout.

Rongeur impénitent,

Elle sème la pagaille,

Le désert et la souffrance,

Dans ton cœur qui déraille,

Cruel manque.

Elle règne sans partage

Sur les mémoires blessées

Ne laissant que des larmes

A la réalité.

Ce n’est qu’un voile,

Un leurre qui n’existe

Que pour peindre en noir,

Les désirs de la vie,

Les futurs espoirs.

Ne l’écoute pas, la môme,

Ne la laisse pas entrer.

Elle fait de toi une loque,

N’est là que pour t’effrayer,

Et t’empêcher de donner !

Tu sais bien qu’au fond,

Tu as du beau à offrir,

La môme, enterre profond,

Ces leurres qui t’ennuient

Qui te détournent du monde …

Et te font voir l’avenir

Comme une effrayante ronde !

La môme, c’est encore possible,

Rallume le feu de l’espérance,

Entends ma plume qui te l’écrit,

Et comme elle te le chante !

 

Reprise@Plume2008

 

 

Si seulement je te l'avais dit tout ça, Mélanie...

Pardon.

Et au revoir.

 

  

 

 

 

 

Communauté : Les chapitres de ma vie - Publié dans : Ecriture
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Mercredi 14 avril 2010 3 14 /04 /Avr /2010 09:15

Une jolie dame très grande.

Un regard triste et convaincu

Qu'il fallait arrêter l'aventure

Qu'il fallait en finir maintenant.

Quand on a à peine 30 ans

Et un beau gamin de 8 ans,

Encore plein de choses à vivre

Peut-être encore plein d'amis,

Il n'y a jamais plus rien

Il y a toujours un chemin...

Mais c'est du raisonnement

Quand la maladie affaiblit la pensée

Le monde perd tout son sens.

Le monde et les gens,

Des ombres dans le temps...

Cela devient subitement facile

De s'offrir ainsi au suicide.

Adieu jolie môme

Personne ne te jugera

Juste de là-haut,

Ton fils n'oublie pas...

 

 

 

 

 

Elle s'appelait Mélanie....

et le soleil brille.

 

 

Communauté : FEMMES D'EXCEPTION - Publié dans : Pensées
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Mardi 13 avril 2010 2 13 /04 /Avr /2010 04:53

Les Vanupieds (1) :          Les Vanupieds (2) :            Les Vanupieds (3) :      
Les Vanupieds (4) : 
         Les Vanupieds (5) :            Les Vanupieds (6) : 
Les Vanupieds (7) : là         Les vanupieds (8) :             Les Vanupieds (9) : 
Les Vanupieds (10) :        Les Vanupieds (11) :
          Les Vanupieds (12) : 
Les Vanupieds (13) :        Les Vanupieds (14) :          Les Vanupieds (15) : 
Les Vanupieds (16) :        Les Vanupieds (17) :          Les Vanupieds (18) : 
Les Vanupieds (19) :        Les Vanupieds (20) :          Les Vanupieds (21) : 
Les Vanupieds (22) :        Les Vanupieds (23) : là         Les Vanupieds (24) : 
Les Vanupieds (25) :        Les Vanupieds (26) :          Les Vanupieds (27) : 
Les Vanupieds (28) : 
       Les Vanupieds (29) :          Les Vanupieds (30) : 
Les Vanupieds (31) :        Les Vanupieds (32) :          Les Vanupieds (33) : 
Les Vanupieds (34) : 
       Les Vanupieds (35) :          Les Vanupieds (36) :       Les Vanupieds (37) :

 

Alissa s’étonna de rencontrer si peu de monde. Elle tentait de reprendre son souffle, épuisée par sa course folle dans les rues, et marchait en trébuchant sous le vent qui devenait de plus en plus violent à chaque minute.

Elle s’arrêta un moment à l’abri d’une porte cochère et examina avec attention le ciel nuageux au dessus des toits. C’est alors seulement qu’elle se rendit compte de l’imminence de l’orage. Un frisson lui parcourut le dos. Il fallait rentrer très vite avant que ces monstrueux nuages noirs ne déversent sur la ville leurs tonnes d’eau.

Alissa ressortit donc dans les rafales, regarda autour d’elle, et hésita, déconcertée… Les hautes maisons qui l’entouraient, cette rue même où seuls quelques chiens squelettiques reniflaient l’air avec inquiétude, lui étaient totalement inconnues. Où se trouvait-elle donc ?

L’affolement s’empara de l’enfant. Elle se précipita à toute allure jusqu’à l’intersection, avec l’espoir de se reconnaître dans la rue transversale à celle où elle était… Mais non ! Elle ne se souvenait pas être passée par là ! Elle pivota sur ses talons et revint en courant sur ses pas, les larmes au bord des yeux.

La rue déboucha soudain sur un croisement où se pressaient de rares manteaux courbés sous le vent. Terrifiée, Alissa se plaqua contre un mur, les yeux exorbités. Elle ne savait pas d’où elle était venue, elle ne savait pas où elle était, elle s’était perdue !

« France ! Gémit-elle, les jambes flageolantes. France ! »

Cédant à la panique, la malheureuse enfant éclata en sanglots et s’enfuit droit devant elle en appelant de toutes ses forces :

« France ! France ! »

Mais le mugissement des rafales dans les ruelles vides couvrit le ton désespéré de sa voix.

 

Un coup de tonnerre rompit brutalement le silence. France et Adam sursautèrent. Au même moment, des trombes d’eau s’abattirent sur le toit à moitié défoncé du refuge. Adam pâlit et tourna vers sa sœur un visage implorant. France frémissait singulièrement, le souffle rauque. Mais aucun son ne sortit de sa bouche. Adam se recroquevilla sur lui-même et essaya de ne pas entendre les battements désordonnés de son cœur. Alissa n’était toujours pas revenue de la ville. France écoutait l’averse qui tambourinait très violemment au dessus de leur tête. Respirant à peine, elle espérait que sa petite sœur aurait au moins l’idée de s’abriter.

Bon sang ! Fulmina-t-elle intérieurement en fermant les yeux. Quelle idiote ! Mais quelle sombre idiote !

 

Un éclair fulgurant déchira le ciel de part en part. Alissa poussa un cri et se jeta sous le porche à colonnade d’une immense demeure. Le grondement intense de l’orage ébranla les murs de la ville désertée. Alissa cacha son visage dans ses bras, hurlante d’effroi, et se recroquevilla dans le coin le plus reculé du porche.

La nuit était tombée aussi brutalement que le torrent d’eau avait éclaté sur les maisons. Mais les éclairs suffisaient à peupler les rues gorgées de pluie d’ombres gigantesques et monstrueuses. La pauvre enfant, trempée jusqu’à la peau, refusait de regarder ce qui l’entourait, de lever les yeux, en proie à la terreur la plus intense. Claquant des dents, grelottante, en larmes, sursautant de frayeur à chaque coup de tonnerre et assourdie par le martellement incessant de l’averse, elle gémissait et pleurait :

« France… France… »

Essayant de ne pas entendre la fureur des cieux qui s’acharnait implacablement sur elle comme pour la punir. Et elle pensait, folle d’épouvante : si seulement je n’étais pas partie…

Communauté : Ecrire - Publié dans : Ecriture
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Dimanche 11 avril 2010 7 11 /04 /Avr /2010 04:46

Les Vanupieds (1) :          Les Vanupieds (2) :            Les Vanupieds (3) :      
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Les Vanupieds (19) :        Les Vanupieds (20) :          Les Vanupieds (21) : 
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       Les Vanupieds (29) :          Les Vanupieds (30) : 
Les Vanupieds (31) :        Les Vanupieds (32) :          Les Vanupieds (33) : 
Les Vanupieds (34) : 
       Les Vanupieds (35) :          Les Vanupieds (36) :

 

« Où est Alissa ? » S’étonna France soudain en jetant un regard inquisiteur autour d’eux.

Adam se redressa, surpris.

« Je ne sais pas ! Je la croyais là !

- Et bien elle n’y est plus ! »

Le visage de France s’assombrit instantanément. Adam posa son travail sur le sol et sauta sur ses pieds en appelant très fort :

« Alissa ? Tu es là ? »

Il tendit l’oreille. Aucune réponse. Alors il jeta un œil interloqué à sa sœur :

« Mais où est-elle ?

-  Va voir dans le terrain à côté ! » Suggéra simplement France.

Mais ses doigts se crispèrent violement sur le tissus rugueux de sa robe déchirée. Adam obtempéra. France voulait malgré tout encore espérer qu’Alissa ne lui avait pas une nouvelle fois désobéie. Quand son frère revint en courant, l’air inquiet, toutes ces illusions s’envolèrent.

« Elle n’y est pas ! » S’exclama-t-il.

Brusquement France devint écarlate. Sa main balaya furieusement le gobelet que son frère avait ramené d’une de ses dernières sorties.

« La petite imbécile !

-   Mais tu crois que… ?

-   Et où tu veux qu’elle soit ! S’écria France, tremblante de rage. Sinon partie en ville ? 

-    Oh ! Mais… mais elle n’aurait pas fait ça, voyons ? Protesta Adam en blêmissant. Tu le lui as interdit…

-    Peut-être mais ce que je peux dire lui passe au dessus de la tête. Ça ne la concerne pas, jamais ! Alissa est partie en ville, Adam, parce qu’elle avait ça dans le crâne ! Et tu veux que je te dise même mieux ? Dans le fond, ça ne m’étonne pas du tout! »

Effondré, Adam se laissa tomber sur la grosse pierre.

« Mais pourquoi a-t-elle fait ça ? Elle ne veut donc pas comprendre que c’est vraiment dangereux pour une petite fille comme elle ?

-    Elle s’en fout, Adam ! Explosa France, visiblement hors d’elle. Du moment qu’elle en avait envie ! Cette petite sotte ne veut en faire qu’à sa tête et ça depuis que nous sommes partis ! Oh ! Elle regrette ses écarts après les avoir faits, certes, mais ses regrets sont aussi vite oubliés qu’ils sont sincères ! Et elle recommence de plus belle ! Mais cette fois, je veux qu’elle ait une bonne leçon. Reprends ton travail, Adam. Elle reviendra. »

Infiniment triste, le garçon s’empara de la branche et du couteau.

« Et alors là, marmonna l’aînée d’une voix saccadée par la colère, elle va comprendre ce qu’il en coûte de s’opposer à mes décisions ! »

Adam frémit d’angoisse. Il n’aimait pas entendre ces mots terribles dans la bouche de France.

« Tu ne seras pas trop dure avec elle, n’est ce pas ? »

France plissa les lèvres, sans répondre. Elle croisa les bras et ferma un instant les paupières, crispée.

« Alissa avait tellement envie de se promener ! Elle s’ennuie tellement ici maintenant que tu as moins besoin de soin…

-  Je sais, Adam. »

France le dévisagea avec une sorte de triste résignation.

« Oui, je sais. Je m’en suis rendue compte. Mais Alissa est une gamine bornée qui n’a pas encore compris ce que j’attends d’elle ! Et il faut qu’elle le comprenne ! Tu sais quoi, n’est ce pas ? »

Adam baissa la tête, accablé.

« Je veux avoir confiance en elle. Je veux qu’elle réalise que les désirs sont dangereux pour nous et nous font toujours commettre des imprudences ! »

France se tut une courte seconde. Puis ses yeux noirs étincelèrent d’une sévérité terrifiante :

« Et je souhaite pour cela, Adam, qu’Alissa connaisse ce soir les plus belles peurs de toute son existence, seule ainsi dans une ville inconnue, s’il n’y a que cela pour lui faire entendre raison !

-  Oui, France. »

Malgré son approbation, Adam semblait très inquiet de cette décision. France fronça les sourcils et déclara d’un ton sec :

« Elle est petite et fragile, c’est vrai, mais ce n’est pour cela que j’accepterai qu’elle me désobéisse comme ça ! Alors fais bien attention, Adam, à ce que je vais te dire là : je t’interdis d’aller à sa rencontre. Elle a su partir seule, elle reviendra seule ! Est-ce que c’est clair ? »

Effrayé, Adam se tassa sur lui-même et baissa aussitôt le nez sur son ouvrage, sans oser lui répondre. Ses traits défigurés par la balafre n’avaient absolument rien d’engageant à cet instant.

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