La Plume de Giacometti


DSCN3528-1J’aime écrire. J’ai dû tenir une plume avant de tenir debout. Des textes, des poésies, des nouvelles, un journal. J’écris comme je respire: pour vivre. Ma complicité avec ma plume ne cesse de me surprendre moi-même : elle a toujours quelque chose à poser sur la page blanche et je la suis. C’est ainsi qu’est née la trilogie "Les petites filles de décembre", un roman plein d’émotions, une merveilleuse histoire d’amitié qui tourne autour d’un lourd secret de famille, un suspens qui tient en haleine... et qu'ont suivi les poésies où je me laisse aller aux confidences...

Ce que j'aime encore ? Photographier ce qui m'entoure. Toujours armée de mon Canon ou mon Fuji, j'aime me promener autour de la ferme et prendre l'image qui flashe mon regard: mes enfants, une fleur, un paysage, un animal... Mon appareil photo, je l'embarque partout où je vais, même au travail. Je suis capable de m'arrêter en bord de route quand je voyage parce que j'ai vu LA photo. Vous savez ? Celle qu'il faut absolument prendre. Au risque de se faire emboutir par la voiture qui suit ou se faire écraser par la voiture qui arrive !
Et oui. Autant j'ai mon carnet de note et mon crayon dans mon sac à main, le besoin d'écrire peut prendre n'importe quand, n'importe où, autant je trimbale mon matériel photo (boitier et objectifs) dans un sac à dos que je tiens à portée. Parce que, idem, le plaisir de figer le moment peut prendre n'importe quand, n'importe où. Alors je me tiens prête ...


“Je parle avec ma main, tu écoutes avec tes yeux et nous nous comprenons, n'est ce pas, en un seul sourire.”
 

(Shi Tao)
     
       
  L'amie plume 

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Dimanche 25 avril 2010 7 25 /04 /Avr /2010 22:16

Les Vanupieds (1) :          Les Vanupieds (2) :            Les Vanupieds (3) :      
Les Vanupieds (4) : 
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Les Vanupieds (7) : là         Les vanupieds (8) :             Les Vanupieds (9) : 
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Les Vanupieds (28) : 
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Les Vanupieds (37) :         Les Vanupieds (38) :           Les Vanupieds (39) :

 

 

Une odeur subtile et âcre d’humidité imprégnait les rues qui s’éveillaient lentement de la nuit d’orage. Le long des murs glissait encore la pluie et les pâles rayons d’un soleil timide la parait généreusement des couleurs de l’arc en ciel.

Alissa avait succombé au sommeil depuis peu, recroquevillée sous le perron de la demeure. Les gouttelettes se détachaient une à une du toit et tombaient en un joli bruit cristallin dans la flaque à ses pieds. Les traits de l’enfant, marqués par l’effroi de la nuit, frémissaient. Cependant elle dormait, ses longs cheveux mouillés masquant ses paupières closes et ses lèvres tremblantes.

Soudain, une longue et fine main se posa sur sa frêle épaule :

« Hé ? Petite fille ? Appela dans la même seconde une voix très douce. Réveille-toi ! Que fais-tu donc là toute seule sous ce porche ? »

Alissa sursauta violemment et ouvrit des yeux empreints d’une folle terreur :

« Non ! Non ! Je n’ai rien fait ! Laissez-moi ! »

Et elle voulut s’enfuir, saisie de panique, sans même oser croiser le regard de la personne dont l’ombre l’enveloppait.

« N’ai pas peur ! S’exclama la même voix, avec un ton affectueux qui sut la retenir malgré elle. N’ai pas peur, mon enfant ! Je ne te veux aucun mal ! »

La main qui pressait son épaule vint doucement caresser sa joue pâle et creusée. Dans le cœur d’Alissa, la frayeur fit place spontanément à la stupeur et elle se risqua prudemment à lever la tête…

La jeune femme, agenouillée à son côté dans une longue robe noire, la contemplait gentiment, cherchant à capter son attention au travers de son sourire lumineux et la couleur émeraude de sa prunelle. Elle portait un voile. Bouche bée, Alissa ne repéra qu’une boucle blonde rebelle au dessus de ses sourcils, hypnotisée par la chaleur intense qui se dégageait de toute sa personne.

« Pauvre chérie ! Tu as l’air tellement effrayée ! Il ne faut pas, je ne te ferai aucun mal. Voyons ? Tu as faim ? »

L’intérêt se dessina sur les traits de l’enfant et écarquilla d’envie ses yeux bleus.

« Je le savais ! Déclara l’inconnue en sortant un morceau de pain de la bourse qui pendait à sa ceinture. Tiens, mange ! »

Alissa se jeta littéralement sur la nourriture qu’elle lui tendait et la dévora en un clin d’œil. La jeune femme gloussa.

« Doucement, voyons ! Tu vas t’étouffer ! »

Conquise par ce rire généreux, Alissa sourit timidement. L’inconnue joignit les mains, satisfaite.

« Bien, je vois que tu as moins peur de moi. Je m’appelle Mérédith, Sœur Mérédith plus exactement. Je suis une religieuse et m’occupe d’enfants comme toi à la fondation. Quel est ton nom ? »

La fillette planta un regard plein d’espoir dans le sien :

« Alissa…

-    Alissa ? Que c’est beau ! »

Sœur Mérédith passa une main affectueuse sur le front de l’enfant. Subitement elle paraissait triste :

« Tu es perdue, n’est ce pas ? Tes parents t’ont laissée dans la rue ? »

Des larmes s’échappèrent des paupières d’Alissa :

« J’ai… j’ai désobéi… et… et je me suis perdue… »

Sœur Mérédith se pencha et effleura de ses lèvres la joue ruisselante de la petite fille.

« Tu vas venir avec moi. Murmura-t-elle en prenant délicatement sa main. Tu vois ? La charrette est de l’autre côté de la rue. Tu vas retrouver une famille à la fondation. Ou du moins un toit. Viens… »

Réconfortée, incapable de savoir quoi faire d’autres, Alissa se laissa conduire…

 

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Vendredi 23 avril 2010 5 23 /04 /Avr /2010 22:07

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Adam marchait de long en large, atteint d’une nervosité qui ne cessait de croitre à mesure que le temps passait. Il lui semblait qu’il tournait en rond depuis des heures. Et l’orage se faisait de plus en plus torrentiel sur la ville plongée dans l’obscurité… Un instant il s’arrêta et posa des yeux anxieux sur sa sœur aînée :

« France… »

Elle le dévisagea avec irritation, visiblement à bout de  nerfs. Il joignit les mains.

« Je t’en prie, laisse-moi aller à sa rencontre !

-   Non ! »

France tremblait. Adam n’aurait su dire si c’était la colère ou l’inquiétude qui la secouait ainsi. Il serra les dents.

« Mais…

-   J’ai dit non ! S’obstina-t-elle. Alors c’est non, Adam !

-   Mais tu ne peux pas rester insensible comme ça ! Se révolta le garçon. C’est notre petite sœur qui est dehors en ce moment sous l’orage ! »

France eut un sourire stupéfiant dans la pénombre :

« Tu crois vraiment que je suis insensible ? »

Elle le fixait droit dans les yeux. Mal à l’aise, Adam détourna la tête :

« Non…

-  Tu as peur ? »

Adam vint s’agenouiller auprès d’elle et l’observa attentivement, au bord des larmes :

« Oui, j’ai peur. Ça fait tellement longtemps qu’elle est partie ! Elle est petite, France. »

France inclina la tête :

« J’ai peur pour elle moi aussi, Adam. 

-   C’est vrai ? Interrogea-t-il, surpris.

-    J’ai donc tant fait de choses pour que tu me juges aussi mal, Adam ? Soupira la brune enfant avec beaucoup d’amertume. Je n’oublie pas qu’Alissa est ma petite sœur. Mais je n’oublie pas non plus qu’elle m’a désobéi. Ne la prends pas pour plus stupide qu’elle n’est. La première chose que tu aurais faite, c’est de t’abriter de l’orage. C’est ce que j’aurais fait. Et c’est qu’Alissa a fait. C’est pour cela qu’elle n’est pas encore rentrée ! »

Adam demeura songeur un moment puis sourit avec soulagement.

« Tu as raison ! S’exclama-t-il. Je n’avais pas pensé à ça. Mais c’est évident. As-tu pensé, toi, que peut-être elle m’attend ? Pauvre Alissa ! Elle doit être tellement effrayée ! »

Une lueur étincela dans la prunelle sombre de France :

« Je veux qu’elle ait une bonne leçon, Adam. Je ne lui donnerai pas la satisfaction de te voir venir à elle. Elle reviendra seule. Nous sommes d’accord ? »

Adam se mordit les lèvres :

« Mais elle doit avoir si peur toute seule !

-       Adam, je voudrais que tu comprennes une chose… »

Il la regarda avec inquiétude alors qu’elle croisait les bras et abaissait les paupières, visiblement abattue.

« Je n’agis pas ainsi avec elle parce que c’est Alissa. Je suis, cela est vrai, constamment sur elle et elle a parfaitement le droit de croire que je lui en veux particulièrement. C’est quelque chose que je n’ai pas l’intention de démentir. Je veux qu’elle comprenne par elle-même que je ne suis pas ce monstre toujours préoccupé à chercher comment la réprimander. Adam, j’agirai comme ça pour n’importe lequel d’entre nous, même avec toi, parce que je pense qu’on n’apprend par soi-même et non pas au travers des dires des autres. Si Alissa a besoin d’avoir peur pour comprendre, alors elle aura peur. Je suis votre aînée, Adam. Vous m’avez donné tout pouvoir. Ce n’est pas simple, tu sais. Ça implique que je suis obligée de prendre des décisions, parfois très graves, comme celle d’abandonner Abby à la Duchesse… »

Ses traits frémirent douloureusement :

« … Et ça implique que je prendrais la même décision si je pense que c’est le mieux pour vous, Alissa et toi. Je vous abandonnerai sans hésiter si votre survie se situe sur un autre chemin que le mien. Ça implique aussi, Adam, à être pris pour ce qu’on n’est pas. Alissa trouve auprès de toi beaucoup de compréhension, elle ne trouve auprès de moi que sévérité. Mais ça ne veut pas dire que j’agis ainsi parce que c’est Alissa ! N’imagine pas que ça me fait plaisir d’être en permanence sur son dos. J’ai de la peine parce que je voudrais vraiment lui faire confiance et la laisser libre d’agir à sa guise. Mais ce serait prendre trop de risques. Et je ne peux pas me permettre ça. Je suis l’aînée. Je ne peux pas lui donner à penser que j’ai confiance parce que je sais très bien qu’alors elle n’en ferait que selon son bon plaisir. Et on ne vit pas de son bon plaisir. Je ne peux pas la laisser faire, Adam, parce qu’elle est trop honnête dans sa vision du monde. Et nous savons toi et moi que le monde n’est pas bon pour une enfant aussi sincère ! Je veux qu’elle s’en méfie, je veux qu’elle s’en garde pour pouvoir survivre. Et si pour lui permettre d’apprendre cela, je dois me montrer intransigeante, dure, voire même méchante, et bien je me montrerai comme ça. C’est pour toutes ces raisons, Adam, que tu n’iras pas à sa rencontre. C’est pour toutes ces raisons que je veux qu’elle revienne seule et prenne ses responsabilités devant nous… Tu comprends ? »

Adam, bouche bée, ne parvint à répondre que plusieurs secondes après un silence ahuri.

« France… Oh ! France ! Jamais tu… tu n’avais parlé comme ça ! C’est… C’est… »

Il ne trouvait pas les mots pour lui dire combien il était touché par sa franchise. France sourit doucement.

« Je peux accepter les reproches d’Alissa, tu sais. Mais… »

Elle haussa bravement les épaules.

« Mais je n’accepte pas que toi tu ne me comprennes pas et que tu doutes de moi. J’ai toujours su que je pouvais compter sur toi. Et tu m’as montré souvent que j’avais raison. Je pense que… Enfin que je vivrai mal de ne plus t’avoir à mes côtés. Voilà. 

-   Oh ! France ! »

Adam, bouleversé, n’arrivait pas à en croire ses oreilles.

« Oh ! France ! Jamais tu ne m’avais parlé comme ça ! »

Il riait à travers les larmes glissant sur ses joues. France baissa les yeux. Et un frémissement imperceptible passa sur ses longs cils noirs. Elle avait réussi à le rassurer sur le sort d’Alissa. Mais elle, elle n’avait pas réussi à se convaincre…

 

 

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Mercredi 21 avril 2010 3 21 /04 /Avr /2010 21:00

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Me revoilà, moi, le printemps !
C'est vrai je me suis fait attendre
Mais je suis là maintenant
Aussi beau qu'avant !
J'ai revêtu mon habit de lumière
Et remis du fard à mes paupières
Séduisant de mon allure altière
Les campagnes et les chaumières!
Allons, allons, souriez-moi,
Me revoilà, mais oui, tout en émoi,
Pour vous raconter ces belles histoires,
Que l'hiver, mon frère, a fait naître en moi!
Car je ne suis jamais parti!
Je me cache, coquin, tout près d'ici,
J'entends vos pensées toutes tristes,
Dans le froid glacial et la bise.
C'est pour cela que je reviens toujours
Comme ça soudain, au levé du jour,
Rallumer dans vos yeux glamours
La flamme éternelle de l'amour!

 

Reprise@Plume2008

 

 

 

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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 20:48

La vie est belle

La nature s'éveille.

Au printemps, le soleil

Illumine Terre Mère.


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Le sourire aux lèvres

Enfin je m'éveille

Et contemple, alerte,

Toutes ces merveilles.

 

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  • La Plume de Giacometti
  • Plume
  • Ecrivain depuis toute enfant, photographe amateur, maman de deux enfants formidables, je travaille accessoirement comme formatrice en insertion et suis mariée à un vigneron ...

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