La Plume de Giacometti


DSCN3528-1J’aime écrire. J’ai dû tenir une plume avant de tenir debout. Des textes, des poésies, des nouvelles, un journal. J’écris comme je respire: pour vivre. Ma complicité avec ma plume ne cesse de me surprendre moi-même : elle a toujours quelque chose à poser sur la page blanche et je la suis. C’est ainsi qu’est née la trilogie "Les petites filles de décembre", un roman plein d’émotions, une merveilleuse histoire d’amitié qui tourne autour d’un lourd secret de famille, un suspens qui tient en haleine... et qu'ont suivi les poésies où je me laisse aller aux confidences...

Ce que j'aime encore ? Photographier ce qui m'entoure. Toujours armée de mon Canon ou mon Fuji, j'aime me promener autour de la ferme et prendre l'image qui flashe mon regard: mes enfants, une fleur, un paysage, un animal... Mon appareil photo, je l'embarque partout où je vais, même au travail. Je suis capable de m'arrêter en bord de route quand je voyage parce que j'ai vu LA photo. Vous savez ? Celle qu'il faut absolument prendre. Au risque de se faire emboutir par la voiture qui suit ou se faire écraser par la voiture qui arrive !
Et oui. Autant j'ai mon carnet de note et mon crayon dans mon sac à main, le besoin d'écrire peut prendre n'importe quand, n'importe où, autant je trimbale mon matériel photo (boitier et objectifs) dans un sac à dos que je tiens à portée. Parce que, idem, le plaisir de figer le moment peut prendre n'importe quand, n'importe où. Alors je me tiens prête ...


“Je parle avec ma main, tu écoutes avec tes yeux et nous nous comprenons, n'est ce pas, en un seul sourire.”
 

(Shi Tao)
     
       
  L'amie plume 

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Mardi 18 mai 2010 2 18 /05 /Mai /2010 04:05

On cherche tous cette phase qui correspond à notre vie, le mieux est encore de l'écrire soit même...

 

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Tu peux douter, le doute est le commencement de la sagesse

 

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Choisissez un travail que vous aimez et vous n'aurez pas à travailler un seul jour de votre vie

  

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Souviens toi qu'il existe deux types de fous : ceux qui ne savent pas qu'ils vont mourir et ceux qui savent qu'ils sont en vie.

 

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L'amitié est la seule à pouvoir sécher les larmes que l'amour à fait couler

  

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Samedi 15 mai 2010 6 15 /05 /Mai /2010 09:01

J'ai fait un rêve vraiment absurde:

Mère Nature, amère, ne sourit plus,

Frère Vent, sur les terres arides,

Souffle une haleine sèche et putride.

Soeur Etoile a perdu son bel écrin noir,

Dame Lune pleure, seule, dans le soir,

 Et Père Soleil ferme son oeil tristement

Sur les bêtises navrantes de son enfant.

Lui, Homme seul, apeuré et hagard,

Cherche en vain son chaleureux regard,

Errant, abrutis, dans les vallées désertes

A prier, désespérés, pour revenir en arrière.

Mais ce n'est qu'un rêve absurde

Mes amis, rien qu'un rêve absurde...

 

Communauté : Passeurs d'espoirs - Publié dans : Pensées
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Mercredi 12 mai 2010 3 12 /05 /Mai /2010 10:24

Les Vanupieds (34) :        Les Vanupieds (35) :          Les Vanupieds (36) :        

Les Vanupieds (37) :         Les Vanupieds (38) :           Les Vanupieds (39) :

Les Vanupieds (40) :          Les Vanupieds (41) :

 

Alissa se lança dans de longues et grandes explications, gestes à l’appui. Sœur Mérédith écouta avec beaucoup d’attention, songeuse. Puis au bout de quelques secondes, qui parurent interminables à la fillette, son visage s’éclaira :

« Je sais où c’est, Alissa ! S’exclama-t-elle. Mais tu t’es drôlement écartée, tu sais ! Nous y allons tout de suite ! Tu vas bientôt retrouver France et Adam ! »

Le bonheur inonda les yeux de l’enfant. Emue, Sœur Mérédith secoua les rennes à nouveau :

« Hue ! Hue ! »

La charrette se mit à danser sur les pavés à la cadence lente des pas des chevaux.

 

Depuis maintenant quelques minutes, elles longeaient une large avenue où quelques fiacres commençaient à se croiser et quelques citadins frileux à montrer le bout du nez. Alissa jetait avidement les yeux autour d’elle, essayant de rassembler ses souvenirs éparpillés par l’orage et la nuit.

« Te reconnais-tu là ? » Demanda Sœur Mérédith.

Alissa se frotta le menton avec anxiété.

« J’ai l’impression d’être passée par là mais… »

Elle écarta les bras avec désolation.

« Je comprends. Nous allons atteindre la rue où il me semble, d’après ce que tu m’as dit, que se trouve ta maison. Une ruine, n’est ce pas ?

-   Oui.

-   L’endroit où je te conduis a été détruit lors d’un incendie, expliqua la religieuse. Les autorités n’ont pas jugé bon de rebâtir le quartier. Ce ne sont que des ruines à présent. »

La charrette tourna à cet instant dans la rue dont elle parlait. Alissa se raidit aussitôt… Puis explosa littéralement de joie :

« C’est là ! »

Sœur Mérédith tira sur les rennes et la charrette stoppa le long d’un des rares murs encore debout. Alissa bondit du siège :

« C’est là ! C’est là ! »

Au même moment, un garçon blond déboucha de derrière un pan de mur délabré et se mit en marche vers l’avenue, la tête basse. Alissa l’aperçut. Elle s’élança à sa rencontre en pleurant de joie :

« Adam ! »

Il sursauta, leva les yeux et la vit enfin courir vers lui. Une brève seconde, il resta figé, stupéfait, puis une transformation spectaculaire s’opéra sur son visage amaigri.

« Alissa ! »

Elle se jeta à son cou et il la souleva du sol pour la couvrir de baisers et la serrer sur son cœur.

 

Sœur Mérédith laissa échapper une larme, touchée par la tendre scène qui se déroulait à quelques pas d’elle. Elle joignit les mains avec ravissement.

« Où étais-tu, Alissa ? Interrogea Adam en la reposant sur les pavés. Je partais à ta recherche. Qu’est ce que tu faisais, enfin ? France et moi, nous avons vraiment pensé ne plus te revoir. Elle ne voulait pas que j’aille à ta rencontre, elle pensait que tu reviendrais. Mais quand le jour s’est levé avec la fin de la tempête et que tu n’étais toujours pas là, elle m’a dit : va à sa recherche et ramène-la. Tu nous as fait très peur. Pourquoi tu n’as pas écouté France ? »

Alissa ouvrait la bouche pour répondre lorsqu’elle vit l’aînée apparaître au seuil de leur refuge.

 

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Lundi 10 mai 2010 1 10 /05 /Mai /2010 10:15

Les Vanupieds (34) :        Les Vanupieds (35) :          Les Vanupieds (36) :        

Les Vanupieds (37) :         Les Vanupieds (38) :           Les Vanupieds (39) :

Les Vanupieds (40) :

 

Mais au moment de grimper dans le véhicule tiré par deux énormes chevaux de labour, elle hésita et dévisagea avec détresse le visage serein et avenant de l’inconnue :

« Je veux France ! Gémit-elle, à nouveau au bord des larmes. Elle va sûrement être très en colère mais elle avait raison. Je veux retrouver France !

-  Qui est France ? S’étonna Sœur Mérédith en suspendant son mouvement.

-  C’est France ! S’indigna Alissa, outrée qu’elle lui pose une telle question. Ma sœur !

-  Ta sœur ? Mais où est-elle ? Et quel âge a-t-elle ? Etes-vous toutes les deux abandonnées ?

-   Je ne sais pas où elle est ! Balbutia Alissa, décomposée. Je me suis perdue. Nous sommes arrivés dans cette ville il y a… euh, je ne sais plus ! Mais… mais… »

Elle éclata en sanglots et s’accrocha à la longue robe noire :

« Je veux France ! Je veux la retrouver ! Je veux Adam ! »

Touchée par son désespoir, Sœur Mérédith s’agenouilla aussitôt et la prit dans ses bras :

« Allons ! Allons ! Calme-toi ! Nous allons la retrouver, ne pleure plus. Nous allons la retrouver toutes les deux, d’accords ? »

Frémissante de joie, Alissa la fixa intensément :

« C’est vrai ?

-  Mais oui ! »

Sœur Mérédith, amusée, souriait. Elle écarta les boucles blondes qui cachaient les jolis yeux de la fillette :

« Tu sembles beaucoup tenir à elle, Alissa. Voyons ? Est-ce qu’elle te sert de maman ? »

Alissa fronça les sourcils avec concentration, comme si elle réfléchissait à un problème épineux :

« Je ne sais pas, répondit-elle enfin, navrée, elle nous commande, Adam et moi. Elle dit qu’elle a quatre hivers de plus que moi. Mais je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire. Je lui arrive là… »

Elle montrait sa poitrine. Sœur Mérédith écarquilla les yeux avec stupéfaction :

«  Quatre ans de plus que toi ? Mais c’est une enfant encore ! Enfin, vous êtes combien à errer seuls comme ça ?

-  France, Adam et moi.

-  C’est ton frère Adam ?

-  Oui. France dit qu’elle est l’aînée. Mais je ne sais pas vraiment ce que ça veut dire. Elle nous commande, Adam et moi.

-   Seigneur ! »

Sœur Mérédith semblait réellement bouleversée. Alissa lui jeta un œil inquiet.

« Nous partons retrouver France et Adam, n’est ce pas ?

-   Oui, ma chérie ! A toutes les deux, nous arriverons bien jusqu’à eux. Tu vas essayer de me décrire l’endroit où vous vivez. Je le connais certainement. Allez, monte sur la charrette ! »

Alissa ne se le fit pas répéter deux fois. Rayonnante, elle grimpa lestement sur la planche qui servait de siège.

Sœur Mérédith fit le tour, flatta au passage les imposants chevaux qui frappaient impatiemment les pavés et s’installa confortablement à ses côtés. Très peu rassurée, Alissa se rapprocha instinctivement d’elle. Tout en saisissant les rennes, Sœur Mérédith riait :

« Ne crains rien ! Les chevaux sont très gentils, même s’ils n’en ont pas l’air comme ça ! Regarde comme ils sont obéissants ! »

Et elle émit un son étrange avec la langue.

Aussitôt les énormes animaux s’ébranlèrent, secouant charrette et passagers sans la moindre retenue. Epouvantée, Alissa s’accrocha au bras de la religieuse.

« A ce que je peux constater, déclara cette dernière, malicieuse, tu n’es jamais montée dans une voiture ! N’ai pas peur, tu ne risques absolument rien ! »

Honteuse, Alissa se tassa sur le siège et s’efforça de contenir sa crainte. Mais ses mains s’agrippèrent fermement à la planche sur laquelle elles étaient toutes deux assises. Sœur Mérédith était toujours hilare :

« Tu vois tous ces sacs derrière ? C’est pour tous les enfants de la fondation. Je m’occupe de tous les orphelins que je croise sur ma route, tu sais…

-  Qu’est ce que c’est, un orphelin ? Demanda Alissa avec curiosité.

-   Ce sont des enfants comme toi, Alissa. Vous viendrez avec moi, tous les trois. A la fondation, nous travaillons tous pour le maître des lieux en échange d’un lit, d’un toit et de nourritures. Nous recueillons ainsi tous les pauvres gosses errant dans les rues… »

Alissa montra inconsciemment de l’impatience, ne songeant guère qu’à une seule chose : retrouver sa sœur et son frère. Sœur Mérédith s’en rendit compte très vite. Elle eut un hochement de tête empreint de compréhension et de bonté :

« Va, mon petit, décris-moi votre maison. »

 

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