La Plume de Giacometti


DSCN3528-1J’aime écrire. J’ai dû tenir une plume avant de tenir debout. Des textes, des poésies, des nouvelles, un journal. J’écris comme je respire: pour vivre. Ma complicité avec ma plume ne cesse de me surprendre moi-même : elle a toujours quelque chose à poser sur la page blanche et je la suis. C’est ainsi qu’est née la trilogie "Les petites filles de décembre", un roman plein d’émotions, une merveilleuse histoire d’amitié qui tourne autour d’un lourd secret de famille, un suspens qui tient en haleine... et qu'ont suivi les poésies où je me laisse aller aux confidences...

Ce que j'aime encore ? Photographier ce qui m'entoure. Toujours armée de mon Canon ou mon Fuji, j'aime me promener autour de la ferme et prendre l'image qui flashe mon regard: mes enfants, une fleur, un paysage, un animal... Mon appareil photo, je l'embarque partout où je vais, même au travail. Je suis capable de m'arrêter en bord de route quand je voyage parce que j'ai vu LA photo. Vous savez ? Celle qu'il faut absolument prendre. Au risque de se faire emboutir par la voiture qui suit ou se faire écraser par la voiture qui arrive !
Et oui. Autant j'ai mon carnet de note et mon crayon dans mon sac à main, le besoin d'écrire peut prendre n'importe quand, n'importe où, autant je trimbale mon matériel photo (boitier et objectifs) dans un sac à dos que je tiens à portée. Parce que, idem, le plaisir de figer le moment peut prendre n'importe quand, n'importe où. Alors je me tiens prête ...


“Je parle avec ma main, tu écoutes avec tes yeux et nous nous comprenons, n'est ce pas, en un seul sourire.”
 

(Shi Tao)
     
       
  L'amie plume 

Cliquez sur les couvertures pour accéder aux ouvrages
Mercredi 26 mai 2010 3 26 /05 /Mai /2010 04:57

Les Vanupieds (34) :        Les Vanupieds (35) :          Les Vanupieds (36) :        

Les Vanupieds (37) :         Les Vanupieds (38) :           Les Vanupieds (39) :

Les Vanupieds (40) :          Les Vanupieds (41) :           Les Vanupieds (42) :

Les Vanupieds (43) :

 

Mais brusquement la lumière fantastique se noya dans le regard de la brune enfant. Et la douleur se peignit à nouveau sur ses traits. Elle serra les dents, farouche, et ne dit absolument rien, se tenant à son frère et sa sœur avec toute l’énergie qui lui restait.

Sœur Mérédith marcha vers eux. Elle souriait avec bonté, les mains l’une dans l’autre.

France l’aperçut. Aussitôt ses sourcils se froncèrent. Mais elle devina confusément que cette inconnue au long voile blanc n’était pas étrangère au retour d’Alissa. Et l’interrogea dès qu’elle s’arrêta auprès d’eux :

« C’est vous qui l’avez ramenée ?

-   Mais oui ! répondit-elle avec chaleur. La pauvre petite était bien désespérée, tu sais.

-   Merci ! » Dit France simplement.

Mais Sœur Mérédith remarqua la méfiance dans son regard qui surveillait le moindre de ses gestes. Une lourde responsabilité le durcissait et assombrissait singulièrement son visage. La balafre surtout… Oui, cette balafre… Le cœur de la religieuse se serra. Quelle cruauté innommable se cachait derrière cette vilaine cicatrice ?

« Tu n’as rien à craindre de moi, France.

-  C’est moi seule qui en déciderai ! » Déclara l’enfant froidement.

Sœur Mérédith s’agita, mal à l’aise sous l’insistance implacable et glaciale avec laquelle elle ne cessait de l’observer. Pourtant quelque chose n’allait pas. Ses yeux brillaient d’un éclat trop vif. La religieuse haussa légèrement les paupières :

« Cette blessure à ton pied, France… Elle te fait très mal, n’est ce pas ? »

La brune enfant plissa les lèvres mais ne répondit pas. Adam et Alissa s’écartèrent immédiatement et l’examinèrent, anxieux. France respirait vite, le front couvert de sueur. Elle dut s’asseoir lentement sur les pavés, toute raide. Alissa se laissa tomber à son côté, blanche d’inquiétude :

« Oh ! France ! Tu as mal ? »

Adam lança un regard affolé à Sœur Mérédith, l’appelant instinctivement au secours avec toute sa confiance d’enfant. La religieuse ne résista pas. Elle s’agenouilla sur le champ auprès de l’enfant blessé, n’ayant cure de l’oeil courroucé qu’elle lui jeta.

« Ta cheville est cassée, France ! Annonça-t-elle, soucieuse. Et elle n’est pas dans un bel état !

-    Je peux marcher avec la canne ! répliqua France, hargneuse. Nous allons partir.

-   Tu n’iras pas loin avec une telle blessure, ma pauvre enfant, reprit Sœur Mérédith avec douceur,  c’est très bien de l’avoir maintenue ainsi avec des attelles mais ça ne suffit pas. Ta cheville est loin d’être guérie. Il faut laisser aux os le temps de se ressouder. Et cela ne se fait pas tout seul !

-   France va plus mal ? Interrogea Alissa avec effroi.

-   Pas plus mal, la rassura la religieuse avec un sourire, mais si elle marche, son état n’ira pas en s’améliorant !

-   Qu’est ce qu’il faut faire ? Demanda Adam à son tour.

-   La soigner comme il faut. »

France se redressa, décochant sur elle des yeux étincelants de fureur :

« Taisez-vous ! On ne vous a rien demandé, de quoi vous mêlez-vous ? Est-ce que ça vous amuse de les affoler plus qu’ils ne le sont depuis l’accident ? Laissez-nous tranquille ! Vous avez ramené ma petite sœur mais ça ne vous autorise pas à intervenir dans notre vie comme vous le faites ! »

Un instant, Sœur Mérédith resta sans voix devant une telle réaction. Puis elle croisa les bras, attendrie et compréhensive.

« Allons, allons ! Ne te fâche pas ! Est-ce mieux, dis-moi, de les leurrer ? Tu sais, je le vois bien, que ta cheville est gravement atteinte, et tu sais aussi que tu n’iras pas loin. Alors, dis-moi, mon enfant, est-ce mieux de leur donner de faux espoirs ? De leur mentir même ? »

France, haletante, détourna la tête, incapable de trouver des arguments contre cela. Alissa se pressa contre elle. France la contempla un instant en silence. La fillette était livide d’angoisse. Elle observa Adam. Il tremblait, les poings serrés, la tête basse. Elle fixa Sœur Mérédith :

« Non !

-  Tu es sage et raisonnable. Nous devons soigner impérativement cette cheville, tu comprends ?

-   Oui.

-   Venez à la fondation avec moi, tous les trois… »

 

 

Communauté : Ecrire - Publié dans : Ecriture
Laissez un petit com là - Voir les 9 commentaires
Lundi 24 mai 2010 1 24 /05 /Mai /2010 04:51

Les Vanupieds (34) :        Les Vanupieds (35) :          Les Vanupieds (36) :        

Les Vanupieds (37) :         Les Vanupieds (38) :           Les Vanupieds (39) :

Les Vanupieds (40) :          Les Vanupieds (41) :           Les Vanupieds (42) :

 

France appuyait fortement le poids de son corps sur la canne qu’Adam avait taillée. Le manche recourbé, ingénieuse conception née de la réflexion des deux enfants, soutenait son aisselle, lui garantissant un certain équilibre. Elle avançait sur un pied. Mais il était visible à la sueur perlant entre ses mèches brunes qu’elle peinait infiniment. Elle s’immobilisa quand elle vit sa petite sœur approcher d’un pas hésitant et penaud. Cependant, elle ne prononça pas une seule parole, les lèvres pincées, comme sous le coup d’une colère sur le point d’éclater.

Alissa n’osa avancer à plus d’un mètre de son aînée, terrifiée et résignée tout à la fois à l’idée de recevoir la correction méritée. Contre toute attente, France persista dans son silence, debout à un pas d’elle, figée, les deux mains accrochées à la canne. Incapable de supporter la lourdeur de ce silence, Alissa leva vers elle un visage confus et apeuré tout à la fois :

« France…

-  Je te l’avais interdit, Alissa ! »

La voix de l’aînée eut l’effet d’un brusque coup de tonnerre. Le souffle coupé, Alissa recula, les yeux rivés sur son visage ténébreux. France frémissait de tout son être et son regard, noir, était absolument insoutenable. Pourtant, bien que particulièrement cinglant, le ton de sa voix n’était pas furieux.

« Tu sais que je te l’avais interdit ! »

Au bord des larmes, Alissa la contempla avec détresse :

« J’ai… j’ai eu si peur, France… »

L’aînée plissa les lèvres, l’air méprisant. Mais Alissa qui ne la quittait pas des yeux devina plus qu’elle ne vit réellement l’expression accablée qui passa un court instant sur ses traits. Instinctivement elle reprit espoir.

« Je… je me suis perdue et j’ai… j’ai eu si froid… »

Elle tendit les mains vers elle, implorante et désolée.

« France… »

L’aînée l’apostropha avec agressivité :

« Je devrais te punir, Alissa ! Tu le sais, j’espère ! Tu m’as encore une fois désobéie ! Quand, mais quand tu ne le feras plus, hein ?

France ! France ! Pardon ! »

Alissa éclata en sanglots et se précipita contre elle, d’une manière si soudaine qu’elle faillit la renverser.

« Pardon ! Pardon ! »

Plus secouée par l’émotion de la nuit que véritablement en colère, France ne la repoussa pas, malgré la douleur qui se réveilla instantanément à son contact. Elle titubait de soulagement, de fatigue, de souffrance, tout à la fois, la laissant baigner de larmes le tissu grossier de sa robe. Au bout de quelques secondes, elle l’obligea néanmoins à s’écarter et posa doucement une main sur son épaule :

« Ne pleure pas Alissa, c’est inutile. Tu sais bien que ça ne changera rien. Alors, est ce que tu mérites une punition ?

Oui… »

Alissa tremblait, incapable de s’éloigner, comme si elle cherchait à s’assurer de sa réelle présence en palpant nerveusement ses vêtements.

« Oui. Punis-moi, France. C’est tout ce que je mérite !

-  Tu as compris maintenant pourquoi je t’avais interdit de partir seule ?

-  Oui ! Oui ! Je suis… je suis ce que tu as dit, une sotte, une… une… »

Elle étouffait sous les sanglots qu’elle s’efforçait de contenir. La légère pression amicale qu’exerça France la rasséréna un peu :

« Je ne suis pas fâchée. Je ne te punirai pas, Alissa. »

Alissa sursauta et la dévisagea sans comprendre :

« Mais je le mérite, France !

-  Oui, c’est vrai, tu le mérites et je devrais le faire… »

France parlait calmement, presque tristement.

« … Mais ce serait bien trop facile de te cacher ainsi de tes responsabilités. Je ne te donnerai pas cette satisfaction, Alissa. Et puis peut-être que tu t’es suffisamment punie toi-même ? »

Alissa blêmit aux souvenirs cuisants de la nuit passée.

« Oui, gémit-elle faiblement, oui ! J’ai… j’ai eu si peur, France, si peur ! J’étais seule, il faisait froid et… et… »

Elle secoua la tête. L’effroi reflétait dans le bleu pâle de ses yeux l’horreur des moments qu’elle avait vécus.

« Et je… je m’étais perdue… »

Elle s’effondra et s’accrocha à nouveau à sa sœur.

« France, j’ai cru que… Oh ! France ! France ! »

L’aînée caressa ses longs cheveux dorés :

« C’est fini maintenant, murmura-t-elle avec une surprenante gentillesse. Oublie. Nous sommes ensemble. Tu vois ? J’ai réussi à me lever et à marcher. Nous partirons bientôt de cette ville.

Oui. »

Alissa la regarda avec adoration. France sourit à ce petit visage encore pâle et ruisselant de larmes. Sans rien dire de plus, elle l’embrassa tendrement et, alors qu’Alissa, bouleversée, l’étreignait de toutes ses forces, croisa le regard d’Adam. Ce dernier avança vers elles, comme s’il n’attendait que cela pour le faire, et appuya sa joue frémissante contre la sienne.

« France… »

Il la contempla avec reconnaissance, heureux et fier.

« Merci… »

Les rayons du soleil scintillèrent étrangement dans les beaux yeux de France, conquise et uniquement dévouée, se dit Sœur Mérédith qui les observait avec émotion, aux deux plus jeunes.

 

Communauté : Ecrire - Publié dans : Ecriture
Laissez un petit com là - Voir les 9 commentaires
Vendredi 21 mai 2010 5 21 /05 /Mai /2010 20:49

Mon cœur te dit j’adore

Et mes yeux murmurent encore …

 

Quand tes mains avides

Caressent mon corps

Tes lèvres humides

M’initient, me mordent.

 

Mon cœur te dit j’adore

Et mes yeux murmurent encore …

 

Quand tes doigts dansent,

Fous et célestes,

Au creux de mon ventre

Jusqu’à l’ivresse.

 

Mon cœur te dit j’adore

Et mes yeux murmurent encore …

 

Quand ton je t’aime

Résonne à mon oreille

Dans le souffle impatient

D’un fougueux amant.

 

Mon cœur adore

Et mes yeux te crient encore …

 

 

Communauté : L'âme du poète - Publié dans : Ecriture
Laissez un petit com là - Voir les 13 commentaires
Mercredi 19 mai 2010 3 19 /05 /Mai /2010 20:28

DSCN3471.JPG

 

DSCN3477.JPG

 

DSCN3484.JPG

 

DSCN3492.JPG

 

DSCN3505.JPG

 

DSCN3509.JPG

 

DSCN3504.JPG

 

DSCN3510.JPG

 

DSCN3515.JPG

 

 

Mais où donc, mes chers amis, où donc sont allées mes filles pour être en si célèbre compagnie?

  

Allez, une ptite indication, rien que pour vous...

 

DSCN3633.JPG

 

Alors, on a deviné?

 

  






Communauté : Photographies - Publié dans : Photos
Laissez un petit com là - Voir les 14 commentaires

Je suis ...

  • La Plume de Giacometti
  • Plume
  • Aude
  • Ecrivain depuis toute enfant, photographe amateur, maman de deux enfants formidables, je travaille accessoirement comme formatrice en insertion et suis mariée à un vigneron ...

Lire des extraits des romans

 

Galerie photos

www.flickr.com
PlumeN&B éléments Aller à la galerie de PlumeN&B

Des livres, encore des livres

Visiteurs

Recommander

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Catégories

Articles

  • Bonne année 2011
    Bonjour à toutes et tous   Je souhaite, oui, en ce jour, bonheur, amour et santé A tous mes amis du Web, ici et là, présents et à venir....
  • Concours de Nouvelles Skyprods
    Bonjour à tous. Voili ma participation au concours. J'espère que cela vous plaira. La thématique cette année : la volonté. Allons'y gaiement!!!   Lisa...
  • Pas de panique
    Pas de panique Mes chers amis! Votre Plume préférée Ne s'est jamais mieux portée!   Reprendre le flambeau Impose du temps,...
  • Face à face avec ma plume
    Galère, galère, galère Voilà que dans tous mes états, j'erre! Pourtant, aligner quelques mots Ne devrait pas déclancher tant de maux!  ...
Liste complète

Rechercher

overblog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés