La Plume de Giacometti


DSCN3528-1J’aime écrire. J’ai dû tenir une plume avant de tenir debout. Des textes, des poésies, des nouvelles, un journal. J’écris comme je respire: pour vivre. Ma complicité avec ma plume ne cesse de me surprendre moi-même : elle a toujours quelque chose à poser sur la page blanche et je la suis. C’est ainsi qu’est née la trilogie "Les petites filles de décembre", un roman plein d’émotions, une merveilleuse histoire d’amitié qui tourne autour d’un lourd secret de famille, un suspens qui tient en haleine... et qu'ont suivi les poésies où je me laisse aller aux confidences...

Ce que j'aime encore ? Photographier ce qui m'entoure. Toujours armée de mon Canon ou mon Fuji, j'aime me promener autour de la ferme et prendre l'image qui flashe mon regard: mes enfants, une fleur, un paysage, un animal... Mon appareil photo, je l'embarque partout où je vais, même au travail. Je suis capable de m'arrêter en bord de route quand je voyage parce que j'ai vu LA photo. Vous savez ? Celle qu'il faut absolument prendre. Au risque de se faire emboutir par la voiture qui suit ou se faire écraser par la voiture qui arrive !
Et oui. Autant j'ai mon carnet de note et mon crayon dans mon sac à main, le besoin d'écrire peut prendre n'importe quand, n'importe où, autant je trimbale mon matériel photo (boitier et objectifs) dans un sac à dos que je tiens à portée. Parce que, idem, le plaisir de figer le moment peut prendre n'importe quand, n'importe où. Alors je me tiens prête ...


“Je parle avec ma main, tu écoutes avec tes yeux et nous nous comprenons, n'est ce pas, en un seul sourire.”
 

(Shi Tao)
     
       
  L'amie plume 

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Mardi 22 juin 2010 2 22 /06 /Juin /2010 04:30

Les Vanupieds (43) :         Les Vanupieds (44) :           Les Vanupieds (45) :    

Les Vanupieds (46) :        Les Vanupieds (47) :           Les Vanupieds (48) :

 

 

-    Ne sois pas aussi intolérante, je t’en prie, tu es encore si jeune ! L’homme est un être faible. Il faut lui pardonner. C’est plus facile de faire le mal que de faire le bien. Nous devons pardonner. Seul Dieu est amène à juger.

-   Sœur Mérédith, s’impatienta France, irritée, il vous faut comprendre une chose : nous ne sommes pas du même côté de la barrière. Vous parlez pour rien. Je ne vous comprends pas et vous ne me comprenez pas. Restons en là, d’accord ? »

Sœur Mérédith soupira tristement.

«  Est-ce que tu veux pourtant essayer de comprendre que c’est mon devoir de te convaincre ? Parce que je porte ce voile ? »

France se dressa d’un seul coup dans le lit, emportée par la fureur :

« Et vous, vous pouvez comprendre ce qu’est mon devoir à moi ? »

Elle tendit le doigt vers les deux enfants blonds qui travaillaient sans relâche sous le soleil, là-bas, près du hangar.

« C’est eux ! C’est de les protéger parce qu’ils sont trop confiants dans leur vision du monde ! Parce qu’ils ont dans le cœur quelque chose de merveilleux qui les détruira si personne ne leur apprend à s’en méfier ! Non, Sœur Mérédith ! Vous ne savez pas ! Vous ne connaissez rien ! Moi, je ne porte pas de voile mais je m’appelle France Célone et je suis l’aînée. J’ai pris des décisions que je regrette et qui me font cauchemarder la nuit mais c’était mon devoir ! J’ai abandonné ma petite sœur à la duchesse parce que c’était sa seule chance de vivre, je l’ai vendue même dirait Alissa, mais c’était mon devoir ! Mon devoir, à moi, Sœur Mérédith, c’est d’agir comme l’aînée, pour eux, Adam et Alissa, parce qu’ils iront un jour sur leur propre chemin et que je dois leur apprendre à y survivre ! Moi, je ne porte pas de voile et je ne rêve pas. Je n’ai rien à payer… Contrairement à vous, Sœur Mérédith. Mais le voile n’efface pas les souvenirs, pas vrai ? »

Elle abaissa le bras et s’appuya contre le montant du lit, haletante, posant des yeux tristement farouche et résolus sur la religieuse médusée. Cette dernière finit par sourire, d’un sourire qui tremblait. Elle tendit la main et toucha légèrement sa joue frémissante de révolte :

« Je… »

Elle déglutit difficilement.

« Je sais… »

Elle se pencha et osa effleurer son front de ses lèvres. Aussi bizarre que cela puisse paraitre, l’enfant ne broncha pas. Trop épuisée pour réagir davantage sans doute.

« J’ai mal abordé le sujet. C’est ma faute. Pourtant je voudrais que tu me croies quand je te dis que je te comprends. Est-ce que tu me crois, France ?

-  Je vous crois, murmura l’enfant avec une sorte de gentillesse.

-  Je te montrai quelque chose quand tu seras un peu mieux, reprit Sœur Mérédith, animée d’un nouvel espoir. Accepteras-tu de me suivre ?

-  Peut-être… »

Elle marqua un temps d’arrêt et la fixa droit dans les yeux :

« Mais avec Adam et Alissa. 

-  Oui, bien sûr. C’est promis. »

France parut satisfaite. Elle retrouva même le sourire.

« Vraiment, vous êtes bizarre, vous ! »

Sœur Mérédith se mit à rire.

« Ah ? Et pourquoi donc, mon enfant ? »

Le sourire de France s’élargit, l’air goguenard.

« Un, je ne suis pas votre enfant. Deux, vous êtes très gentille avec nous. »

Attendrie, la religieuse hocha la tête :

« Est-ce ceci qui est bizarre ?

- Oui.

- Mais c’est normal, France.

- Pas pour moi. »

Touchée, Sœur Mérédith resta une seconde silencieuse :

« Alors… C’est plus qu’un compliment dans ta bouche ? »

Le regard de la brune enfant et celui de la jeune femme se croisèrent. France ne semblait pas vraiment comprendre ce que signifiaient ses paroles.

« Je ne sais pas, répondit-elle, je le pense, c’est tout. »

Des larmes jaillirent des yeux émeraude de la religieuse :

« Tes propos me… me procurent beaucoup de plaisir, tu sais… »

France l’observa avec inquiétude :

« Pourquoi vous pleurez ?

- Parce que… Parce que je suis heureuse de t’avoir entendu parler ainsi…

- Ah ? Oui ? »

France était stupéfaite :

« Et comment ça se fait ?

- Voyons, France, on peut pleurer de joie !

- Ah ? Bon ? »

France écarta les bras, l’air navré. Sœur Mérédith éclata d’un rire franc et sonore :

« Mais bien sûr, ma chérie ! Oh ! Tu es absolument épatante, France, épatante ! »

L’enfant haussa les sourcils avec étonnement… Puis posa un doigt sur ses lèvres et réfléchit une courte seconde :

« La dernière fois que j’ai été épatante, raconta-t-elle enfin, c’est quand j’ai construit une broche pour faire cuire le lapin sur tous ses côtés… »

Sœur Mérédith rit de plus belle, et tant qu’elle finit par en pleurer. France s’en inquiéta à nouveau :

« Vous pleurez encore de joie ?

- Non ! Non ! Cette fois je pleure parce que je ris trop !

- Ah ? Oui ? »

France la contempla avec une grande pitié. Visiblement elle se demandait si la religieuse avait toute sa tête. Cette dernière essuya ses yeux à l’aide de son mouchoir, un beau mouchoir en soie blanche dans le coin duquel étaient brodé un M et un E. France remarqua les formes sinusoïdales et la qualité étonnante du tissu, se souvint que la duchesse en avait d’identiques, ce qui faisait une richesse plutôt détonante entre les mains d’une bonne sœur, mais elle ne fit aucun commentaire alors que la jeune femme en voile s’exclamait :

« Et bien ! Il y a longtemps que je n’avais pas autant ri ! Nous deviendrons de bonnes amies, toi et moi !

- Peut-être. »

Sœur Mérédith joignit les mains et lui sourit tendrement.

« Oui, tu as raison, peut-être. Au moins, tu ne perds pas le nord, France. C’est une grande qualité. Quoique tu fasses, mon enfant, tu le réussiras. Tu as le tempérament d’une gagnante. »

France réprima un sourire indulgent. Lewis lui avait dit la même chose. Elle finirait sans doute par le croire. Un jour.

 

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Dimanche 20 juin 2010 7 20 /06 /Juin /2010 04:24

Les Vanupieds (43) :         Les Vanupieds (44) :           Les Vanupieds (45) :    

Les Vanupieds (46) :        Les Vanupieds (47) :

 

 

L’enfant parut amusée :

« Vous pouvez toujours essayer, finit-elle par lâcher sans plus.

-   Merci, mon petit. »

Soulagée, Sœur Mérédith inclina la tête.

« Je suis certaine que j’y arriverai ! »

France haussa un sourcil, examinant la religieuse sans vraiment comprendre ce que cette dernière désirait en réalité. Sœur Mérédith s’en rendit compte, comme elle fut soudain persuadée que seule la franchise aurait quelque chance d’attirer son intérêt.

« J’ai pris le voile, France, parce que… Parce que c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour… euh ! Pour me rapprocher d’enfants comme toi, à la merci d’un monde cruel et sans pitié… »

Etonnée par le ton hésitant de sa voix et la légère rougeur qui envahit son visage, France eut un sourire en coin :

« Vous mentez, Sœur Mérédith ! » Dit-elle.

Mais la religieuse fit comme si elle n’avait pas entendu, subitement toute pâle.

« J’ai pris le voile, continua-t-elle, sans oser croiser son regard suspicieux, parce que moi… fille de riches propriétaires terriens, je… J’ai… je crois que Dieu est bon et qu’en chacun de nous il a mis l’amour du prochain…

-   L’amour dont vous parlez n’existe pas, Sœur Mérédith ! L’interrompit France.

-   Si ! Mon petit ! Il existe ! Insista la religieuse. Dieu l’a créé pour apporter du réconfort dans le cœur de tous les hommes !

-   Vraiment ? Alors pourquoi les gens que je croise s’arment de bâtons pour nous chasser ? »

Les traits de l’enfant étaient sévères, implacables. Sœur Mérédith détourna les yeux, mortifiée, sans trouver les mots pour lui répondre. France eut un nouveau sourire, amer celui là, très amer.

« Ne me parlez pas de ce que vous appelez un Dieu bon et généreux ! C’est un mensonge !

-  Tais-toi ! »

Subitement Sœur Mérédith semblait courroucée :

« On ne doit pas parler comme ça ! On ne doit pas, tu entends ! »

France se hérissa, comme si elle venait de lever la main sur elle :

« Je le dirai, que cela vous plaise ou non ! Je dis ce que je pense, toujours. Et personne ne me fera dire quelque chose que je ne pense pas. Vous, vous vous cachez derrière vos croyances parce qu’elles vous aident sans doute à oublier. Moi, j’ai des yeux et je vois. Je n’ai rien à oublier… ou à payer. La différence ? Vous courez après un rêve, Sœur Mérédith, moi non. Vous pensez que j’en ai le temps ? C’est le privilège de ceux qui n’ont pas eu besoin de se battre pour vivre. Je n’en fais pas partie et ils seront toujours d’un autre monde à mes yeux. D’accord ? »

Elle la fixait sauvagement, la balafre virant au violet sous la colère. Sœur Mérédith resta bouche bée, affreusement ébranlée par la réplique cinglante de la fillette.

« Tu as donc tellement souffert du monde, ma pauvre enfant ? »

France haussa les épaules sans répondre, les lèvres pincées.

« Oh ! S’exclama la religieuse, au bord des larmes. Oh ! Comment pourrais-je te faire croire en ma sincérité ? »

France lui jeta un coup d’œil rempli de pitié :

« Je crois en votre sincérité, dit-elle gravement, vous pensez tellement ce que vous dites ! Mais ce n’est pas ce que je pense. Ne m’imposez pas votre point de vue. Je ne vous imposerai pas le mien. »

Sœur Mérédith était bouleversée.

« Mais je voudrais tellement que tu comprennes !

-    Et qu’est ce que vous voulez que je comprenne ? S’emporta France, excédée. Qu’un Dieu a créé des hommes bons mais qui savent uniquement se servir d’un fouet ? Qu’un Dieu aimant et généreux veille sur nous, tout en permettant que certains meurent de faim et que d’autres jettent la nourriture ? Qu’un Dieu juste et impartial regarde avec indulgence l’homme abattre d’un coup de revolver un petit garçon de cinq ans parce qu’il voulait simplement… guérir sa sœur malade ? »

France serrait les poings, le souffle rauque, le regard étincelant de rage :

« C’est ça que je dois comprendre ?

-   Je… »

Sœur Mérédith se tordit les doigts, désespérée.

« Ecoute, France…

-    Non ! Je peux essayer de comprendre beaucoup de choses, je comprends les désobéissances d’Alissa et la sagesse d’Adam, je comprends, mais ça ? Non ! C’est impossible de comprendre ça ! C’est impossible ! »

Sœur Mérédith lui prit impulsivement les mains et les pressa sur son cœur, des larmes plein les yeux :

« Tous les hommes ne sont pas mauvais, France ! Dieu a donné à chacun d’entre nous le pouvoir de choisir entre le bien et le mal. Il ne peut être tenu responsable de ce que certains aient choisi le malin ! »

Sans brusquerie, France la repoussa :

« Alors je le plains, votre dieu, Sœur Mérédith, s’il a espéré que les hommes choisiraient le bien. Personne ne sait ce que c’est le bien. Moi, je ne sais pas. Mais je sais ce qu’est le mal…

 

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Vendredi 18 juin 2010 5 18 /06 /Juin /2010 04:10

Les menteurs ne gagnent qu'une chose, c'est de ne pas être crus, même quand ils disent la vérité! (Esope)

 

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Chercher à s'excuser quand on n'est pas coupable, c'est s'accuser. (proverbe arabe)

 

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Le riche songe à l'année future, le pauvre au jour présent (proverbe chinois)

 

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Les amitiés renouées demandent plus de soins que celles qui n'ont jamais été rompues (La Rochefoucaut)

 

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Pour les habits, rien ne vaut les neufs, pour les amis rien ne vaut les vieux. (proverbe chinois)

 

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Mercredi 16 juin 2010 3 16 /06 /Juin /2010 04:08

Et oui, une suite prévue à "Petite Lady". 

Un nouveau roman qui se met en place dans la tête de votre amie Plume avec la même émotion : une future et belle aventure pleine  d'amour, d'amitié, de faits historiques...

 

Mais pas pour tout de suite, bien sûr, puisque l'écriture de "Les Vanupieds" lui occupe encore l'esprit et remplit son temps.

 

Allez, une mise en bouche dans l'épilogue de "Petite Lady" :

 

"Bombay. Les Indes occidentales.15 ans plus tard.

La superbe frégate à trois rangées de canons, le drapeau du Royaume d’Angleterre flottant à la vigie, jette l’ancre dans le port grouillant de cris, d’odeurs pestilentielles et de dockers.

Sur le pont, Victoria Lorient De Loxley, grande et belle jeune fille aux longs cheveux noirs, n’a pas assez de ses deux yeux bleus pour tout regarder. Elle échange des regards joyeux avec l’Amiral, son père, commandant en chef de la flotte anglaise, et la Baronne De Loxley, sa mère, plus émue et heureuse qu’eux tous réunis.

Victoria cherche. Elle veut les voir. La première. Elle sait qu’ils sont là, quelque part sur le port de Bombay, peut-être dans cette belle maison blanche à colonnade ? Ou au bout des Quais, perdus dans la foule de turbans et de saris qui s’amasse ? Mais elle sait qu’ils sont là et qu’impatients, ils les attendent.

Victoria cherche. Elle veut le voir. La première. Son cousin, Chandra Iravan De Loxley, de deux ans son cadet. Sans doute est-il comme elle, ses yeux aussi bleus que les siens, disent les lettres, à chercher lui aussi sur le pont du navire sa présence, debout, immobile dans le souffle du large, non loin de l’Ambassadeur d’Angleterre, son père, et de la légendaire Petite Lady, sa mère.

Là, au bout du Quai. Ou dans la belle maison blanche à colonnade.

Depuis si longtemps."

 

Donc vous l'aurez compris : les Indes. Ses mystères, sa misère, ses fastes...

 

 

 

 

Peut-être un titre se dessinant et se précisant au fur et à mesure que la musique joue le timbre oriental...

Peut-être quelque chose comme "Les Princes du Dekkan"...

Peut-être...

  

Plume travaille.

Plume imagine.

Plume regarde les images

et laisse courir sur sa page

l'encre de sa fantaisie.

  

Bientôt. 

 

  



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  • Ecrivain depuis toute enfant, photographe amateur, maman de deux enfants formidables, je travaille accessoirement comme formatrice en insertion et suis mariée à un vigneron ...

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