La Plume de Giacometti


DSCN3528-1J’aime écrire. J’ai dû tenir une plume avant de tenir debout. Des textes, des poésies, des nouvelles, un journal. J’écris comme je respire: pour vivre. Ma complicité avec ma plume ne cesse de me surprendre moi-même : elle a toujours quelque chose à poser sur la page blanche et je la suis. C’est ainsi qu’est née la trilogie "Les petites filles de décembre", un roman plein d’émotions, une merveilleuse histoire d’amitié qui tourne autour d’un lourd secret de famille, un suspens qui tient en haleine... et qu'ont suivi les poésies où je me laisse aller aux confidences...

Ce que j'aime encore ? Photographier ce qui m'entoure. Toujours armée de mon Canon ou mon Fuji, j'aime me promener autour de la ferme et prendre l'image qui flashe mon regard: mes enfants, une fleur, un paysage, un animal... Mon appareil photo, je l'embarque partout où je vais, même au travail. Je suis capable de m'arrêter en bord de route quand je voyage parce que j'ai vu LA photo. Vous savez ? Celle qu'il faut absolument prendre. Au risque de se faire emboutir par la voiture qui suit ou se faire écraser par la voiture qui arrive !
Et oui. Autant j'ai mon carnet de note et mon crayon dans mon sac à main, le besoin d'écrire peut prendre n'importe quand, n'importe où, autant je trimbale mon matériel photo (boitier et objectifs) dans un sac à dos que je tiens à portée. Parce que, idem, le plaisir de figer le moment peut prendre n'importe quand, n'importe où. Alors je me tiens prête ...


“Je parle avec ma main, tu écoutes avec tes yeux et nous nous comprenons, n'est ce pas, en un seul sourire.”
 

(Shi Tao)
     
       
  L'amie plume 

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Dimanche 9 janvier 2011 7 09 /01 /Jan /2011 11:38

Bonjour à toutes et tous

 

Je souhaite, oui, en ce jour, bonheur, amour et santé

A tous mes amis du Web, ici et là, présents et à venir.

Qu'ils aient enfin et encore au cours de la nouvelle année

Ce que désirent coeur épris et esprit libre en devenir !

   

2011-8082.JPG

 

 

Chers amis, toujours là pour la soutenir, sachez donc que Plume revient, doucement, mais revient avec plein de projets en tête, personnels et professionnels :

- réécriture des "Petites filles de décembre" et parution du roman en deux livres distincts l'un de l'autre : le premier prochainement sous le titre de "Un jour, faudra lui dire" (je vous annoncerai bien sûr sa sortie) et le second sous le titre "Celui qui savait", plus tard dans l'année.

- poursuite de l'écriture des "Vanupieds" et prévision de parution en 2012.

- participation à des salons du livre dans toute la France (autant que possible), afin peut-être de vous y rencontrer enfin.

- travail d'écriture sur l'intégrale n°2 des poésies de l'Amie Plume et sur un album photos-mots des plus belles images et plus beaux poèmes de  Plume (avec votre participation si vous le voulez bien pour voter)

- développement de l'Association PEPS Aude dont je suis co-fondatrice en direction de la formation professionnelle continue (acteurs de l'enfance jeunessse), de l'insertion (précarité, mal-être...), de l'enfance (soutien, accompagnement, parentalité) et de l'édition partagée avec dans ce dernier secteur la volonté de rendre accessible le livre à tous.

- me rendre disponible pour mes enfants devenant grands qui eux aussi maintenant ont de beaux projets en tête.

 

Bien à vous,

Je vous embrasse et passerai sans faute vous faire un petit coucou amical.

Plume

 

 

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Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 11:03

Bonjour à tous. Voili ma participation au concours. J'espère que cela vous plaira. La thématique cette année : la volonté.

Allons'y gaiement!!!

 

Lisa

 

Le ciel a une couleur surprenante au dessus des collines, oscillant entre l’orangé de l’aurore et le bleuté de l’aube. J’essaie mentalement de compter. Le tic tac de la pendule cadence mes raisonnements hésitants : six heures ? Dix-huit heures ? Je ne sais plus si c’est le matin ou le soir. Je fronce nez et sourcils. Au fond, qu’importe. Je n’attends personne. Je n’aspire qu’au courage de prendre la feuille et la plume posées sagement sur le secrétaire Louis-Philippe et à la volonté de poser les mots qu’il faut sur la feuille blanche.

Les mots qu’il faut.

Je soupire. Me détourne de la fenêtre. Effleure du regard les chiffres dorés sur lesquelles se promènent depuis des décennies la petite et la grande aiguilles : dix-huit heures.

Le soir. C’est bien. Je pourrai, cette nuit, dormir en paix. Cinquante ans d’insomnies, c’est suffisant dans une vie. Je suis fatiguée. Vieille… Enfin, Je n’ai que soixante deux ans. Mais je me sens vieille. Vieille et laide. D’avoir menti durant un demi-siècle. A Charles. A mes trois enfants. A elle surtout.

Un sourire décrispe mes lèvres. Un sourire… Lasse, je contemple mon reflet. Ce que je vois ressemble davantage à une horrible grimace, tant mes lèvres sont sèches et crevassées par… Par quoi en réalité ? Le remords ? Non. Je n’ai aucun remords. J’ai aimé le faire, même si alors je ne savais pas ce que nous faisions. La culpabilité ? Celle qui ronge sans pitié, qui aliène sans vergogne courage et volonté ? Oui. Sans aucun doute.

« Il ne faut pas en parler ! » Chuchotait Père, apeuré.

Je n’en ai pas parlé. Je me hais de m’être condamnée. Mentir. Tout le temps. Pour le sacro-saint honneur de la famille !

« Il ne faut pas en parler ! »

Mais personne ne m’a dit : « il ne faut pas l’écrire ! ». J’en conclus que si la vérité ne se dit pas, elle peut jaillir du bout d’une plume. Il faut que je t’écrive, Lisa. Cinquante ans que j’en rêve ! Mais il y a le miroir… Quelle idée saugrenue d’accrocher ce miroir au dessus du secrétaire ! A chaque fois que je m’assois, l’image me fusille de ses yeux sombres remplis de crainte, m’interdisant d’oser. Fuir au lieu d’affronter. Abandonner au lieu de combattre. C’est tellement plus reposant. Enfin, on le croit. Mais au final, le passé se rappelle à nos bons souvenirs. Il n’a pas besoin d’un miroir pour cela.

La nuit tombe. Il fait bon. Le feu jacasse dans la cheminée, et les flammes dansent au rythme du tic tac monotone de l’horloge. Je suis décidée à dormir. J’ignore le regard désapprobateur du reflet et prends ma plume.

« Chère Lisa.

Ne t’étonne pas. Et s’il te plaît, lis-moi jusqu’au bout. Même si bien avant la fin de cette lettre, tu as envie de vomir. Nous sommes issus d’une grande famille, héritière d’un nom et d’un passé glorieux. Nous n’avons pas beaucoup de fortune mais nous sommes fiers et orgueilleux… Hélas ! Oui, Lisa. Grande famille, frères et sœurs partageant tout : tâches ménagères diverses afin de soulager les épaules de notre mère et rudes travaux dans les champs pour reposer celles de notre père, jeux innocents et jeux interdits. Frères et sœurs dormant dans les mêmes chambres, les mêmes lits, complices et taquins, découvrant le monde ensemble, bien au chaud les uns contre les autres sous les couvertures, se découvrant aussi l’un l’autre… »

Je me sens mal. C’est moi qui ai envie de vomir. La bibliothèque tourne de plus en plus vite, tel le carrousel de mon enfance. Ecrire est simple, bien plus simple que parler. Mais écrire la vérité est un acte héroïque. Car la plume défie ainsi sa vie, son silence, son espoir, son avenir. Avec la pleine conscience qu’elle donne naissance à un désastre humain. Et qu’elle s’en réjouit d’avance.

« Aimé. Oui, il portait son nom à merveille, mon frère. Aimé et son sourire à faire fondre les pierres. Aimé et ses beaux discours pleins de l’arrogance de ses quatorze ans. Aimé et ses doutes qu’il ne confiait qu’à moi, le soir tard, alors que tout le monde dormait, en se blottissant dans mes bras. Deux ans nous séparaient. Je l’écoutais, cajolant ses cheveux doux et soyeux. Je l’écoutais, le consolant. Je l’écoutais parce que je l’aimais, mon grand frère, je l’aimais pour sa gentillesse, sa crédulité et la douceur de ses mains alors qu’il jouait innocemment avec mes seins naissant, mon ventre légèrement arrondi et ma puberté bien avancée… Je n’avais que douze ans mais j’étais ce qu’on appelait alors une jeune fille. Je ne savais pas ce que cela voulait dire. On ne parlait pas de ces choses là à cette époque. On voyait faire les bêtes à la ferme. Mais cela ne nous expliquait pas grand-chose sur ce qui n’a plus aucun secret pour personne aujourd’hui : la sexualité. »

Je fixe le mot. Un doute m’assaille. S’agissait-il vraiment de sexualité ? Non… Ce n’était qu’un jeu.

« Ni Aimé, ni moi n’avions la moindre idée des conséquences de notre curiosité. On jouait. Comme des enfants. Nous aimions ça et observions avec intérêt les transformations physiques que certains jeux opéraient. C’était étonnant. Nous n’avions pas le sentiment que ces… bizarreries nous appartenaient. Jusqu’au jour où… »

Je sursaute violemment. Le coucou chante à tue tête dans mon dos. Le temps passe vite. Le temps martelé du tic tac monotone et du carillon joyeux. Le temps assassin et voleur. Il est dix-neuf heures. Je n’attends personne. Je n’aspire qu’à finir. Même si je meurs. Au fur et à mesure que j’étale hardiment mes maux, mon corps se ratatine, tari par le vide de l’existence mensongère que je livre à ma page. Cette page que tu vas lire, Lisa.

« Nous l’avons fait. C’est arrivé comme ça. On jouait. Simplement, on jouait, comme les enfants innocents de douze et quatorze ans que nous étions. Nous n’avons pas réalisé sur le moment. C’était bien. J’ai aimé. Oui, vraiment. Après… Je n’ai pas compris immédiatement pourquoi je vomissais, pourquoi je grossissais, pourquoi Aimé ne devait plus s’approcher, pourquoi mes autres frères et sœurs me fuyaient, pourquoi père m’interdisait de sortir, pourquoi mère pleurait en me regardant. Cette sensation affreuse d’avoir fait une bêtise impardonnable, abominable, colossale ! Je la garde encore aujourd’hui en moi, cette sensation, et je leur en veux, à tous, de m’avoir laissée avec elle comme compagne de mes nuits. Nous avons eu une nouvelle sœur. Lisa. La petite dernière de la famille. Père t’a présentée comme cela et l’a clamé haut et fort à qui voulait l’entendre, mère t’a élevée dans le silence le plus absolu et moi j’ai achevé de grandir avec toi. Une curieuse petite sœur, arrivée comme par miracle, de je ne savais où. On m’avait juste opéré de l’appendicite. C’est fou comme c’était plus simple pour tout le monde de croire en cela. Et j’y ai cru aussi. Longtemps. Jusqu’à ce que je réalise… La vérité, c’est que je t’ai conçue avec mon frère. Paix à son âme, lui qui est mort sans avoir soulagé sa conscience… Si jamais il en a eu une un jour ! Lui qui a eu femme et enfants comme si rien ne s’était passé avant ! Tu n’es pas ma petite sœur, Lisa. Tu es ma fille. »

Je pose la plume, épuisée, tremblante. J’ai mal. Partout. Je m’applique à plier la feuille en quatre. Le feu crépite toujours dans la cheminée. Pourquoi ai-je la curieuse certitude que cette nuit serait comme toutes les autres nuits ? Lacérées d’insomnies et de cauchemars ?

La sonnette de la porte d’entrée retentit. Je hausse les cils d’ennui. Je n’attends personne. Je n’aspire qu’à… La sonnette redouble d’intensité, vive, enjouée. Mon pliage à la main, les épaules voûtées, je vais donc ouvrir à l’impatiente clochette. Et Lisa me saute au cou :

« Surprise ! »

Je suis à deux doigts de l’apoplexie. Accrochée à ma feuille comme le futur noyé à sa bouée crevée. Lisa, dans la pénombre, m’embrasse, deux sonores baisers qui font comme un désagréable écho à mon affolement, et m’entraîne dans la bibliothèque, auprès de la cheminée, dans les deux fauteuils Louis-Philippe, installés l’un en face de l’autre depuis autant d’années que le tic tac de la pendule scande les minutes perdues de ma vie en vrac. La feuille, entre mes doigts, a tout l’air d’un vieil accordéon aux plis usés.

Lisa parle. Et je la dévisage, hébétée, comme si je la vois pour la première fois. D’aussi loin que je me souvienne, nous nous sommes toujours bien entendues, elle et moi. Des confidentes. Des sœurs très proches. Des sœurs… Elle semble heureuse. Elle ressemble à une bouteille de champagne qui vient d’être sabrée, aussi pétillante et débordante. Elle a rencontré quelqu’un. Elle débite un tel nombre de mots à la seconde que j’en suis ivre. Elle a rencontré quelqu’un. A cinquante ans, il serait temps, je songe malgré moi. Puis la honte m’envahit. La culpabilité aussi. Fringante et ragaillardie par mes pensées hideuses. La vie de Lisa ne fut qu’une succession de déceptions sentimentales, professionnelles, familiales. Je sais que le secret qui nous lie en est la cause. Sauf que… Lisa, elle, ne sait pas. Lisa ne sait rien. Je ne partage ce secret qu’avec moi-même. Et avec des morts.

Lisa frétille comme une jouvencelle. Je me sens mal à nouveau. Mais je ne veux pas le montrer. Je ne veux pas. Parfois la volonté n’est pas où elle devrait être. Lisa se sert une orangeade et me sert également. Elle a fini par se taire, embarrassée par mon silence obstiné. Et me suit des yeux avec inquiétude alors que, vraiment oppressée, je me lève et me dirige d’un pas mesuré vers la cheminée.

« Quelque chose ne va pas ? » Interroge Lisa.

Je reste immobile, un long moment, fixant les flammes que je viens de revigorer, sans répondre à sa sollicitude. Puis machinalement j’offre aux dévoreuses de bois morts la feuille pliée en quatre.

« Qu’est ce que c’est ? » Demande Lisa, curieuse.

Je contemple la destruction de mon œuvre puis me tourne vers elle et sourit :

« Rien. Je suis contente pour toi, Lisa. »

Je suis sincère. Je me rassois et bois l’orangeade. Cette dernière a un arrière goût aigre et amer qui me retourne l’estomac mais j’avale sans mot dire.

J’avale.

On avale tout avec dignité quand on n’a pas de volonté.

 

inédit@plume2010

Communauté : Ecrire - Publié dans : Ecriture
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Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 15:06

Pas de panique

Mes chers amis!

Votre Plume préférée

Ne s'est jamais mieux portée!

 

Reprendre le flambeau

Impose du temps, de la patience

Mais le résultat est beau

Et rien n'a plus d'importance.

 

Les enfants d'Asfo sont devenus,

Enfin réunis et ensemble revenus,

Les enfants de PEPS Aude,

Grimpant au sommet des tableaux.

 

Car comme leurs adultes rêveurs,

Ils croient en leur devenir,

Fiers, confiants et charmeurs,

Défiant leur peine et leurs ennuis.

 

Alors Plume se bat comme un diable

Pour maintenir leurs joies indéniables

Et pour ne pas manquer leurs rires

Prend du temps, de la patience à l'infini.

 

Et il en faut, financeurs à l'appui,

Courir et mailer de ci de là

Sans repos, hélas! Même la nuit!

Voir comment éviter les faux pas!

 

Non, pas de panique

Mes très chers amis,

Votre Plume préférée

Ne s'est jamais mieux portée!!

 

inédit@Plume2010

 

IMG000008.jpg 

 

Biz à toutes et tous

 

 

 

Publié dans : Ecriture
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Lundi 4 octobre 2010 1 04 /10 /Oct /2010 13:41

Galère, galère, galère

Voilà que dans tous mes états, j'erre!

Pourtant, aligner quelques mots

Ne devrait pas déclancher tant de maux!

 

Convaincre, convaincre, convaincre

Ah! Mais crois le donc, je vais vaincre!

Armée jusqu'aux dents, je cale ma page

Sur tes routes jalonnées de virages!

 

Ecrire, écrire, écrire,

Maintenant c'est à moi de rire!

Des centaines de lignes je vais t'offrir,

Et sous mon verbe t'ensevelir!

 

Galère, galère, galère,

Te voilà bien avec ta flegme!

Lire un mot posé au hasard

Est plus dur qu'écrire en marge!

 

inédit@Plume 2010

 

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Communauté : CROQUEURS DE MOTS - Publié dans : Ecriture
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Je suis ...

  • La Plume de Giacometti
  • Plume
  • Aude
  • Ecrivain depuis toute enfant, photographe amateur, maman de deux enfants formidables, je travaille accessoirement comme formatrice en insertion et suis mariée à un vigneron ...

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